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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

La goutte

Publié le 21 Avril 2020 par Nina in le travail, démission, entreprise toxique

 

J’aime comparer le monde professionnel aux relations amoureuses. Relations amoureuses toxiques, oui. En général, quand on débute un nouveau boulot, ça se déroule toujours ainsi. D’abord la phase de lune de Miel. Plus elle est courte, moins c’est bon signe. Ensuite, on patauge entre doutes et routines, on accepte plus ou moins son sort. Puis les relations se tendent et vient la goutte qui fait déborder le vase, ce truc qui fait que là, c’est terminé. A partir de là, on multiplie les rendez-vous en douce, on parle de futur avec d’autres. Ta boîte ne sait pas encore mais toi, tu as déjà consommé la rupture, ne reste qu’à l’annoncer. Et moi, la goutte, elle est tombée la semaine dernière.

Une goutte qui fait déborder le vase

Haute toxicité

Bon, si vous avez lu mes pérégrinations professionnelles, vous aurez compris que ma boîte était quand même bien toxique. La lune de miel a été terriblement courte même si, une fois Michel le toxique parti, j’ai eu une période où j’étais la superstar. Puis tout s’est effondré et je barbote dans le bore-out en me montrant docile car j’ai un projet : la mutation. On va en reparler. J’en ai vraiment marre, je me suis réjouie des grèves qui m’ont permise de pas aller au bureau pendant quasi un mois… et un peu pareil pour le confinement. Ca me tape sur les nerfs pour des tas de raison mais ça, c’est le bon truc. Malheureusement, ça ne m’a pas mise à l’abri de la goutte.

Une goutte de trop

 

J'ai posé mon coeur sur la table

En fait, j’ai envie de vous parler de la goutte de mon manager, qui devrait quitter la boîte vers fin mai. En gros, il revient pour rendre son ordi. Juste avant le confinement, on fait un pot de départ ensemble et il bave un peu sur notre N+2 folle qui est un peu délirante dans son management (euphémisme). Lors du point hebdo de la veille, elle avait fait une analogie complètement claquée au sol. Tellement que mon chef a dit “là, clairement, j’ai posé mon coeur sur la table, c’était terminé”. Bon, il ne le savait pas mais j’étais au courant de sa démission. C’est la fameuse N+2 qui me l’a jetée au visage de façon si vénère que j’ai l’impression d’y être pour quelque chose (non). En même temps, elle m’a aussi agressée pour plein de détails comme la durée d’un trajet en voiture (j’ai dit une heure, elle a dit beaucoup plus, Google map a dit 1h08…). Tout ça pour dire que la semaine dernière, j’ai posé également mon coeur sur la table. 

Mon coeur sur la table

Le petit trop surréaliste

Et cette goutte, cette rupture dans ton coeur, c’est pas forcément quelque chose de grave. Dans mon ancienne agence, j’ai littéralement pété un câble le jour où je suis partie à 16h parce qu’on n’avait pas eu Internet de la journée et que j’avais des trucs à faire. Evidemment, j’ai jamais réussi à activer le partage de connexion… Et je me suis pris une réflexion de ma DG car je rentrais chez moi… Je. Pardon, je rentre chez moi car j’ai du travail et avoir passé 6 bonnes heures à m’occuper comme je pouvais en attendant, c’est ridicule. J’étais rentrée chez moi, ivre de colère et décidée à me barrer de là. C’est ça qui m’a fait vriller bien plus que le harcèlement de ma manager. Parce que c’était surréaliste. Là, je vais pas faire le détail. Je garde ça pour mon prochain journal de démissionnaire. Mais en gros, j’ai la sensation qu’à chaque fois, les pires décisions sont prises. 

Une glace qui coule

Et bien passez à la caisse, maintenant

Tu rajoutes à ça le fait que j’ai eu le malheur de parler de mon départ de Toulouse qui est devenu “Bon, je te mute. S’ils te veulent pas à Toulouse, tu devras démissionner”. Dans la mesure où personne ne répond à Toulouse, que les RHs ne me parlent pas et que ma N+2 folle refuse de me staffer vu que je vais finir par partir… Et bien, je vais jouer un peu la montre. Il y aurait eu moyen que ça se passe bien. A dire vrai, j’ai parlé à ma N+2 début mars, imaginez comme je suis vénère d’avoir ouvert ma bouche. En même temps, je lui ai dit que je souhaitais une mutation fin été “ah ben tu nous préviens un peu tard !”. Ouais, quasi 6 mois d’avance, j’avoue… Connasse. Bref, on rentre dans une nouvelle ère, les amis. L’ère “je vous ferai cracher votre tune”. Parce que concrètement, ils attendent que je démissionne. Moi, je vais prendre mon temps. Ils ne vont rien me confier, j’aurai mes journées pour moi. Reste à choper l’augmentation qui m’était promise (la N+2 me l’a jetée au visage en mode “on mise vraiment sur toi” avant de se débarrasser de moi, donc) parce que vu l’enfer de cette boîte, je mérite un peu d’argent.

Etre payée à ne rien faire

Allez, une petite rupture ? 

Du coup, on se dit que je démissionne mi septembre ? C’est pas mal, non ? Ou alors, je cherche tranquillou bilou à Toulouse et je ne démissionnerai que quand j’aurai trouvé. En évoquant bien cet état de fait à tout le monde. Ils vont peut-être finir par me proposer une rupture conventionnelle. Car clairement, pour moi, il n’y a plus de futur là-bas.

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