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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Mimétisme comportemental : les masques

Publié le 16 Juillet 2020 par Nina in coronavirus, mimétisme social, masque

 

Je vais vous l’avouer sans préambule : je suis fascinée par les masques. Pas les beaux masques vénitiens ou tout autre artefact élégant de style steampunk pour se voiler le visage, non. Enfin si, un peu, mais aujourd’hui, je veux vous parler des masques hygiéniques que l’on porte désormais dans nos rues et le rapport à la normalité de ces derniers. En somme : parfois, quand t’as le masque, tu te sens incongru et parfois, c’est de ne pas le porter qui te fait sentir en décalage. Bref, le mimétisme comportemental illustré par les masques.

Masque steampunk

Masque ou pas masque pour être dans la norme

Qu’est-ce que le mimétisme comportemental, me direz-vous ? Il s’agit pour un animal de suivre le comportement de ses congénères dans un but d’intégration sociale. Oui, je suis pas certaine de vous avoir appris un truc là, de suite mais au moins, on est tous à l’aise avec ce que je vais évoquer. Concernant le masque, j’avoue que je ne sais qu’en faire. Je comprends tout à fait la nécessité de le mettre dans les transports. Et pour être honnête, je trouve pas désagréable de dissimuler la moitié de mon visage pour être encore plus peinarde dans ma bulle. Par contre, quand je marche dans la rue, je n’en vois pas la nécessité vu que je reste éloignée des gens. Même si on commence à soupçonner une transmission de la maladie par aérosol. Bref, je m’adapte comme je peux avec des règles mouvantes selon les lieux. Par exemple, ce week-end, j’étais dans le sud chez mes parents où on te laisse pas rentrer dans les magasins sans masque. Et ce alors que la région a été peu touchée. Alors qu’à Paris, tout le monde a l’air de s’en battre les steacks mais d’une force…

Le port du masque dans le métro

Jamais dans le bon ton

Et c’est vrai que neuf fois sur dix, le masque me donne la sensation d’être en décalé. Que je l’ai ou je ne l’ai pas. Une anecdote pas très intéressante pour situer le truc. Peu après le déconfinement, Edouard Philippe nous sort un discours vers 18 ou 19h à base de “c’est la fête du slip, y a tout qui réouvre sauf en Ile-de-France, Mayotte et la Guyane.” Ok, gars. On chausse nos masques pour aller faire des courses et là, dans la rue, personne n’en avait. Pire, on avait l’impression que les gens nous regardaient bizarrement. Mais enfin !

 

Porter le masque dans la rue

Le confort avant la sécurité

Alors vous allez me dire qu’en matière de santé, on s’en fout du mimétisme social et du regard des autres et qu’on ferait mieux d’être prudents. Ce à quoi je vous répondrai que c’est tout à fait vrai. Mais je suis interrogative face à ce sentiment d’incongruité né du comportement de la majorité. Est-ce moi qui en fais trop ? Qui suis tellement dans mon syndrome de la cabane que je perds tout sens commun ? Pas tellement puisque j’ai parfaitement conscience de la limite du masque et que je le porte plus pour rassurer les personnes fragiles que je pourrais croiser que pour me protéger à 100%. Je veux dire même si je fais gaffe, je ne nettoie pas mon masque tous les deux jours comme je le devrais. Je le fais quand il sent un peu trop l’haleine caféinée. C’est d’ailleurs ce que je comprends pas dans la résistance au masque. Vous avez le droit de penser que c’est pas ça qui vous protègera du Covid. Vous avez le droit de trouver ça inconfortable. Moi-même… Mais franchement, si ça peut permettre à la personne fragile de se sentir un peu plus en sécurité, ça coûte quoi ? Oui, je sais, le confort des uns passera toujours avant la sécurité des autres. Je vis à côté d’une route partagée entre cyclistes et piétons où les premiers préfèrent nous frôler et risquer une chute collective que de ralentir un peu et nous laisser notre mètre de sécurité. Exactement comme les voitures avec les vélos, oui. 

Un vélo sur le trottoir

Travailler l'inconscient pour accélérer l'adhésion

Depuis mardi, il semble acquis que le masque sera obligatoire dans les lieux clos à partir du 01 août. Pourquoi 01 août ? Heu… pourquoi pas ? Je m’en fiche mais y a un truc qui me chiffonne. Est-ce qu’il ne serait pas un peu temps de nous inscrire ce masque dans l’inconscient collectif ? Si les gens le mettent par pur mimétisme social, ce qui a des limites plus qu’évidentes, est-ce qu’il ne faudrait pas que nos chers politiques et journalistes montrent l’exemple. Je veux dire quand je vois les Castex, Darmanin et co virer le masque et ne pas respecter les gestes barrière à la moindre occasion, comment tu veux demander aux gens de le faire sans que ça agace ? Le masque, c’est avant tout une question de réflexe. Comme la ceinture de sécurité. Je ne peux imaginer aujourd’hui être en voiture sans ceinture, peu importe la place que j’occupe dans l’habitacle. Alors que petite, j’en mettais pas du tout parce que c’était pas la norme. Et je peux vous garantir qu’en tant que petite personne à forte poitrine, la ceinture, c’est pas le top confort pour moi. Mais je la mets sans même y penser.

Castex et Dupont Moretti ne respectent pas les gestes barrière

On devrait toujours porter le masque en cas de maladie

En vérité, on aurait dû adopter le masque depuis bien longtemps, indépendamment du Covid, dès qu’on expectore un peu. Comme en Asie. Ca ne fait pas partie de notre culture mais recycler les déchets ou ne pas fumer dans les restaurants, ça n’en faisait pas partie non plus et aujourd’hui, on le fait sans y penser. Et j’ai envie de dire que s’il doit rester un truc de cette crise dans le monde d’après, ça pourrait être ce réflexe de garder ses microbes pour soi en se couvrant le visage dès qu’on a un petit virus. Ou même juste un rhume parce que les miasmes des autres, j’aime jamais ça, même s’ils ne sont pas contagieux.

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