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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Parler de politique internationale pour traiter des sujets nationaux ?

Publié le 13 Août 2020 par Nina in politique, géopolitique, l'exemple du pire

Oui, je choisis la semaine traditionnellement la plus plate niveau actu pour vous parler politique, c’est comme ça. Et il y a un sujet que j’aime bien, c’est tout ce qui est politique internationale. J’ai toujours trouvé la politique nationale ennuyeuse et médiocre alors que ce qu’il se passe à l’étranger… Les politiques sont plus compétents ailleurs. Ciel non. C’est juste qu’en ayant la hauteur de la distance, on distingue mieux quelques grandes tendances. Mais peut-on citer ce qu’il se passe à l’étranger pour alerter sur ce qu’il pourrait arriver en France ? 

La politique internationale

Une marotte de prétentieux ? 

La politique internationale est fascinante. J’ai toujours plus eu le goût du Courrier International plutôt que de Libé et si je me bougeais un peu plus les fesses, je vous proposerais quelques articles internationaux ici pour un peu tenter de raconter ce qu’il se passe ailleurs. Même si j’ai conscience que parler de ce qu’il se passe ailleurs, c’est souvent un gros truc de prétentieux. Vous avez peut-être des cas dans votre entourage. Ils se déclarent incollables sur un pays ou une région et ont effectivement une culture assez importante sur le sujet. Sauf qu’ils amènent systématiquement la conversation sur CE sujet précis pour étaler leur science. A tort ou à raison, d’ailleurs, qui sait s’ils sont juste dans leur histoire ou pas. Je ne dis pas que c’est “mal” de s’intéresser à un pays en soi, j’ai moi-même un fort intérêt pour le Canada, j’ai même fait une maîtrise dessus. Mais je ramène pas le Canada sur la table en permanence. Déjà parce que y a pas tant d’occasions que ça d’en parler mais surtout, si c’est pour étaler une liste de faits sans recul, c’est assez peu intéressant. Je suis pas Wikipedia.

 

Ca passe mieux quand c'est pas chez nous

Mais je trouve toujours fascinant la réaction des uns et des autres face à la politique étrangère. Dès qu’un pays se soulève pour (tenter de) renverser son gouvernement accusé de corruption et d’incompétence crasse, il y a un mouvement massif d’approbation. Le Liban aujourd’hui, Hong Kong hier. Les mêmes qui chialent pour des vitrines sans un mot pour les manifestants français blessés, voire déclarent sans pression qu’ils avaient pas qu’à manifester. Idem pour le Black Lives Matter. Beaucoup plus facile de hurler au racisme américain mais chez nous, dès qu’on parle d’Adama Traore ou de Theo, ça plisse le nez très fort en nous sortant le casier judiciaire des deux victimes. Personne ne mérite de mourir par violences policières, personne. Arrêtez d’accepter ça. 

Justice pour Adama

 

Des épouvantails sans nuances

On aime secouer les épouvantails étrangers. Regardez ces pays de l’est qui martyrise les homos comme la Tchétchénie ou la Pologne. Cette même Pologne qui essaie de restreindre l’accès à l’IVG. Regardez le Brésil basculer dans le fascisme, regardez l’Amérique de Trump… Tout ça est effroyable, le débat n’est pas là. Evidemment ce que je viens de dire manque cruellement de nuances car souvent les exemples sont grossiers voire caricaturaux. Comme par exemple avec les régimes de gauche qu’on aime brandir comme des exemples effroyables. Y a que le libéralisme qui marche, regarde l’enfer de Cuba ou du Venezuela. Moi, j’aurais été assez curieuse de voir ce qu’il se serait passé si ces pays n’avaient pas été affamés par des embargos américains ou des tentatives de déstabilisation du régime en place mais personne ne semble vouloir en parler. 

Cuba et les Etats-Unis

 

Entre écoute et déni

Cependant, l’épouvantail étranger peut être intéressant car en racontant la montée ordinaire du fascisme par ailleurs, les gens se sentent moins pris à parti et donc plus aptes à écouter sans chercher à se défendre absolument. Mais y a un terrible effet de bord, le côté “ça ne nous arrivera jamais à nous”. Ca se voit avec Black Lives matter, ça se voit avec tout ce qui touche les discriminations envers les minorités comme les gays ou les femmes. D’ailleurs, s’ils sont pas content, zont qu’à aller vivre dans les pays où c’est pire. Mais faire mieux que le pire n’a rien de glorieux. Et nous ne sommes à l’abri ni du fascisme ni de la tyrannie. Notre démocratie a été bien plus riante, à dire vrai… 

Manuel Valls, l'anti démocrate

Du coup, je me demande. Pertinent ou non pertinent ? Parce que si vos exemples ne servent qu’à renforcer le discours du “ohlala, franchement, de quoi se plaint-on, c’est tellement pire ailleurs”... et bien autant ne pas faire ça. 


 

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