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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Qu’on aime parler de politique alors qu’on y connaît rien

Publié le 11 Août 2020 par Nina in politique, idéologie, citoyenneté

 

L’avantage quand on est une boulimique d’écriture et que l’on scribouille des romans ET des blogs, c’est que l’un se nourrit de l’autre. Par exemple, dans un roman, un personnage déclare “les gens adorent parler de politique alors qu’ils n’y connaissent rien”. Et je me suis dit que ce serait un bon sujet d’article de blog. Merci mon personnage ! Alors je vais essayer d’écrire cet article avec bienveillance et comprenez bien que je ne suis pas ici pour me placer au-dessus de la mêlée. Parce que moi aussi, j’ai de solides lacunes en politique. Ca m’empêche pas d’avoir un avis.

Dispute politique

 

De la neutralité en politique ?

On a tous ce cliché de discussion de café où Jean-Michel Grande Gueule invective la télé, le journal, un peu tout le monde parce que le dernier politique à la mode est un nul. Je pense qu’à l’aune de ce personnage archétypal, tous les Présidents que nous avons eus étaient nuls, incompétents, incapables. Même celui ou celle qui était son champion·n’aura sans doute droit à quelques instants de grâce. A moins que Jean-Mich’ soit dans le déni et trouve son champion parfait de bout en bout alors qu’il a trahi tous ses engagements, toute sa posture. Mais est-ce que l’on peut réellement évoluer la qualité des politiciens en toute neutralité ? Non, évidemment. Prenons Obama qui est, pour moi, une énorme imposture politique. Un gars sympa, charismatique, ok. Mais c’est quoi son bilan ? Il avait promis la fermeture de Guantanamo, ça n’a jamais eu lieu. Son Nobel de la paix fait encore débat. Son grand projet d’Obamacare a accouché d’une souris et a même quelques effets pervers sur les plus précaires. Les inégalités raciales ont explosé sous son règne alors que beaucoup voyaient son élection comme un tournant, une révolution. Mais vu le mec qui est arrivé derrière, finalement… Voilà, zéro neutralité.

Obama triste

Ni de droite ni de gauche mais franchement à droite

Et puis y a Macron. Y a un truc que je pige pas. Enfin, “un”... Il est désormais évident que Macron fait une politique de droite totalement décomplexée. A tel point que je me dis parfois qu’on aurait eu Fillon à la place, il n’y serait pas allé aussi franchement. Bref, Macron fait une politique de droite, recrute l’essentiel de son gouvernement à droite. Après, je dis pas que les étiquettes affichées sont signifiantes. Hollande, il est censé être de gauche mais franchement, à part le mariage pour tous, il a fait quoi de social ? Macron nous fait exactement la même. Allez, je vous mets la PMA pour toutes, voyez bien que je suis un peu à gauche quand même. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les gens de droite le détestent. Mes parents n’arrêtent pas de dire qu’il est nul alors que franchement, la politique qu’il mène devrait parfaitement leur correspondre. Et ceux de gauche étant encore dans le troupeau macroniste… Bah soit vous ne savez pas ce qu’est être de gauche, soit vous vous décollez cette étiquette ? 

Toubon est-il devenu de gauche ?

Choisis ton étiquette

Ah, les étiquettes ! Pour moi, la principale réussite de Macron, c’est d’avoir recueilli le vote de tous ceux qui pinent rien mais votent parce que “c’est un devoir”. Dans mon entourage, tous ceux qui ont voté pour lui au premier tour sont les mêmes qui ne “sont pas au courant” des grands scandales du moment comme Benalla ou Darmanin. Selon un récent sondage, 33% des interrogés ne se déclarent ni de droite ni de gauche. Un Français sur trois. Et pourtant… Et pourtant tout le monde parle de politique. C’est un sujet extrêmement répandu. En fait, quand je dis que les gens parlent de politique, c’est pas tellement vrai. Ils parlent de l’actualité politique. Il n’est pas question d’idées mais de personnes, de scandales, de phrases maladroites… On se chamaille à grands coups d’étiquettes. Aaaah, le libéralisme, le marxisme, communisme, fascisme… Sauf que parfois, souvent même, l’étiquette masque le creux de la rhétorique, on nomme le Diable sans savoir quelle forme il recouvre exactement. Selon là où on se situe sur l’échiquier, on sait qui est notre ennemi mais on ne sait pas réellement ce qui est proposé, quels en sont les grands principes. Finalement, on est beaucoup dans la répétition de ce que l’on  vu ou entendu sans vraiment avoir compris de quoi il s’agissait. On parle politique parce que c’est comme la météo, ça fait partie du quotidien. Et c’est une façon assez facile de briller. Suffit de répéter les discours et chiffres de quelques uns. Même si souvent, l’analyse est erronnée, ça fera illusion.

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