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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Quoi, du sexisme intégré, moi ? Bien sûr que oui

Publié le 29 Septembre 2020 par Nina in sexisme, féminisme, déconstruction

Je ne suis pas née féministe, je le deviens, petit à petit. Oui, je conjugue le verbe au présent. D'abord parce que je pense que la documentation sur ce type de sujet est infinie et qu'on n'aura jamais fini d'apprendre ou de réfléchir à un concept mais surtout... le travail de déconstruction est immense. Est-il même possible qu'on en vienne à bout, je ne suis même pas sûre. Donc aujourd'hui, je parle de mon sexisme intégré et je vais le détailler sans complaisance. Enfin, je vais essayer.

Le sexisme intégré

Je suis pas une vraie meuf, moi !

Je ne suis pas une vraie meuf. Enfin, mon genre correspond à mon sexe. Je suis une femme mais je ne corresponds pas toujours aux clichés. Je déteste acheter et surtout porter de nouvelles chaussures, j'ai un sens de la mode totalement défaillant, j'ai un sac à main qui a dû coûter 50 € et qui est complètement défoncé. Je ne mets jamais de vernis ni de rouge à lèvres, je ne vais pas chez l'esthéticienne. Je n'aime pas les comédies romantiques, j'ai jamais accroché à Grey's Anatomy et des milliers de trucs encore. Et surtout, je ne me prends jamais en photo. Je suis coquette, il ne faut pas croire, mais je ne sais pas poser et limite, ça me saoule. Ainsi, longtemps, j'ai clamé haut et fort que je n'étais pas superficielle et j'en étais assez fière. Sauf que… bah, c’est du sexisme intégré, en fait.

Ma théorie préférée sur Nabilla : elle joue les connes pour se faire du blé sur le dos des snobs
Ma théorie préférée sur Nabilla : elle joue les connes pour se faire du blé sur le dos des snobs

Je n'ai aucun mérite à ne pas aimer "les trucs de filles"

Déjà, avant de poursuivre : il n’y a aucun mérite à ne pas apprécier les “trucs de fille”. Ca ne veut pas dire que je vaux plus que les filles qui aiment ça, ça veut juste dire que je n’ai pas développé de goût pour ces choses-là. Peut-être parce que ma mère n’aime pas ça non plus, peut-être parce que, plus petite, je traînais plus avec les garçons que les filles car j’avais mon cousin du même âge dans les mêmes classes que moi. Peut-être parce que j’ai toujours été plus Legos et Playmobils que Barbie. J’avais lu un jour qu’une étude avait déterminé que mes goûts d’enfants aurait dû me prédestiner au lesbianisme. Comme quoi, les études sur l’acquis de l’homosexualité, c’est quand même bien de la merde. Quoi qu’il en soit, le fait de n’avoir que peu d’intérêt pour les univers de l’esthétisme et de la beauté ne font pas de moi une femme plus intéressante que celles qui aiment ça.

Barbie Intello

Les influenceuses mode et beauté, les victimes faciles

Vous savez sur qui on aime taper tout le temps ? Pardon touuuuuuuuuut le temps ? Les blogueuses mode et beauté. Enfin, les instagrameuses, Youtubeuses, influenceuses, l’étiquette change selon les années. Qu’est-ce qu’on peut mépriser ces femmes-là, c’est fou. Alors, certes, le maquillage n’est à priori pas vital et ça encourage un consumérisme forcené. Je peux tout à fait entendre ça. La fast fashion, le make-up testé sur animaux, je connais. Mais c’est aussi oublier que certaines sont très attachées à recommander des produits éthiques et écologiques. Mais je suis pas tellement là pour défendre ce type de contenus en soit. Juste… Pourquoi on refuse de donner une quelconque valeur au travail de ces filles là alors qu'à côté de ça, on voue un culte à Squeezie qui a commencé sa carrière de vidéaste en faisant des jeux vidéos. Pourquoi critiquer les vidéos de filles qui se maquillent et pas celles de let's play ? Pourquoi présupposer que les premières sont stupides et peu cultivées alors que les seconds… Ne souffrent pas forcément de clichés. Même les influenceurs mode, que l’on appelle “lifestyle”, d’ailleurs, ont plus de crédibilité. Parce que des meufs qui se font des maquillages de dingue et ont une tête archi bien faites, il y en a et pas qu'un peu. Et je saisis l'occasion pour vous présenter une chaîne YouTube que j'aime bien, celle de Clarinette

Clarinette, Youtubeuse

Poussez-vous que je prenne ma photo !

Mais ce que je vous dis là, c'est une prise de conscience très tardive de ma part. Je rigolais fort des vidéos d'un garçon qui parodiait les blogueuses beauté en les jouant bien naïves et creuses. Il s'est révélé qu'il faisait partie de la Ligue du lol. Et aujourd'hui encore, j'ai ce réflexe de me croire supérieure aux filles aux abords superficiels. Genre mes ennemies absolues, ce sont les Instagrameuses. Raison principale : elles se posent devant un truc que, moi, je voulais prendre en photo et multiplient les poses. C'est ainsi que j'ai pas pu voir une cour à Karnak car une meuf faisait du yoga devant. Pareil lors de mes vacances en Crète où une sirène m’empêchait de prendre un cliché carte postale de Spinalonga. Je râle, je peste mais après tout, leur séance photo est-elle moins légitime que la mienne. Je suis quand même la meuf qui pose des Playmobils partout pour faire genre “ma playmo en vacances”. 

Ma playmo aux serres d'Auteuil
Cliquez pour découvrir mon super compte Insta Playmo ;)

La féminité, c'est superficiel

Mais voilà, on m’a appris que la “féminité”, odieux synonyme de superficialité, c’est quand même pas terrible. Même que les mecs en vrai n’aiment pas ça. Même qu’il faut se moquer des femmes qui assument leur goût pour la mode, la beauté, toutes ces choses pas sérieuses. Peu importe que la cosmétique ait beaucoup à voir avec la chimie. Peu importe qu’il s’agisse de coutumes ancestrales, que la mode et le maquillage ne sont pas que des frivolités mais de vrais marqueurs sociaux. Longtemps, j’ai intégré ce sexisme. Je le conserve sur pas mal de choses. Notamment les photos Instagram, j’aime beaucoup trop me moquer de ces filles qui posent en permanence, qui doivent partir avec des kilotonnes de fringues et je plains les Instagram husbands. Mais entre une fille qui pose devant un joli monument avec un ruban dans les cheveux et un mec qui va faire du vavavoum sur des routes de bord de mer pour faire une photo au sommet de la colline au soleil couchant avec sa montre de 3 kg au bras… pourquoi on se moquera toujours de l’une en restant globalement bienveillant voir admiratif de l’autre.

Un joli ruban dans les cheveux

Je vous laisse y réfléchir. Ah et la réponse "moi, je me moque autant des blogueuses mode que des blogueurs lifestyle" n'est pas une réponse. Je me fiche des individualités...

 

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