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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Mon plan marketing ? Accuser quelqu’un de connu d’agression sexuelle

Publié le 12 Novembre 2020 par Nina in Féminisme, Culture du viol, Croire les victimes

Cet article est plus ou moins la suite de celui de mardi et je ne vous cache pas que je risque de perdre un peu mon calme et ma sérénité durant les prochains paragraphes. Aujourd’hui, j’ai envie qu’on se mette d’accord définitivement sur un point : aucune femme n’a jamais rien gagné à accuser quelqu’un d’agression sexuelle. Donc non, ce n’est pas l’explication des accusations dont sont victimes les célébrités. Dire ça, c’est faire preuve d’un manque total d’empathie et être un être humain somme toute assez dégueulasse.

Victime d'agression sexuelle

Refuser de reconnaître l'agression si le coupable n'est pas idéal

Ca tient du réflexe : dès que l’on parle viol ou même agression sexuelle par un mec socialement inséré, on veut croire à la fausse accusation. J’ai cherché des chiffres sur le sujet mais les fausses accusations sont assez peu étudiées, je vous renvoie donc vers cet article d’Egalitaria qui est très intéressant.  Le seul viol que l’on ne questionne jamais, c’est la version glauque, dans une rue, par un individu “dérangé”. C’est le coeur du récit de Giulia Fois qui se décrit elle-même comme la victime du “bon viol”. Là, on en appelle à la justice impitoyable, le violeur doit croupir en prison, être castré voire carrément supprimé car il ne mérite pas de vivre. Mais si le violeur est bien inséré, on appelle vite à la clémence, à l’erreur de jeunesse, à un moment d’égarement. Et je ne parle pas uniquement de Darmanin, là. Je parle aussi de Brock Turner, cet étudiant sportif condamné pour viol… vu qu’il avait été pris sur le fait. Peine extrêmement minimale, appels larmoyants à la clémence à la télé, même. D’ailleurs, sur les campus américains, beaucoup de viols sont balayés d’un “elle a trop bu, elle assume pas”. D’ailleurs, la victime de Turner avait tellement bu qu’elle était évanouie (ou droguée…). Bla bla bla

La culpabilisation des victimes de viol

Le refus de croire les accusations

Alors si on est prêt à pardonner le pire à un simple étudiant présenté comme brillant mais relativement anonyme, imaginez dès que la personne est un tant soit peu connue. Ou influente. C’est là que je vais parler d’un Youtubeur qui peut me faire proférer des gros mots : Astronogeek. Cet été, un hashtag ressort : balance ton Youtubeur. En général, on découvre que des influenceurs largement majeurs ont des comportements discutables avec de très jeunes filles. Les histoires tournent depuis des années sur Norman, par exemple. Sans qu’il soit banni de quoi que ce soit ou un peu blacklisté, on n’est pas au Québec. Alors, certes, il n’a violé personne mais si le mec, avec une petite notoriété, met des coups de pression à des jeunes filles, je laisserai pas ma nièce l’approcher… On a aussi eu le cas de Benjamin Lemaire qui, finalement, a été arrêté et incarcéré. Peut-être parce qu’on parlait de garçons dans cette affaire ? Je sais pas. Bref, la liste des Youtubeurs qui n’ont rien à se reprocher se réduit à peau de chagrin et c’est là qu’Astronogeek décide de détourner le hashtag. Parce que, selon lui, à force de dénoncer n ‘importe qui pour se faire une visibilité, on dévoie le combat.

Norman accusé d'harcèlement sexuel

Aucune femme n'a jamais rien gagné dans ces histoires

Alors évidemment, il s’est pris un bad buzz bien mérité mais il a trouvé le moyen de chialer pendant deux vidéos en mode “je vais pas bien, ouin ouin”. Bah, c’est con, t’aurais fermé ta bouche, tu irais mieux. Parce qu’Astronogeek est le seul à pouvoir distribuer les bons et mauvais points, à savoir ce qui tient de la vraie accusation de la fausse. Je vous colle deux vidéos très intéressantes sur le sujet, celle de la Carologie et celle du Bouseux. Celles du Bouseux, au pluriel. Parce que je vais en rester là sur le cas Astronogeek pour reprendre cette assertion : “les femmes accusent les hommes d’agressions sexuelles (ou pire) pour gagner quelque chose”. De la notoriété ou de l’argent. Alors j’aimerais vraiment que l’on me cite une femme qui s’est fait de l’argent ou une notoriété sensass grâce à ça. Parce qu’une fois qu’on a l’étiquette “victime de délit ou crime sexuel” sur le front, c’est indélébile. Regardez la carrière de Sand Van Roy. De Rose McGowan… Même Monica Lewinsky qui était officiellement consentante (on va pas s’attarder sur le lien d’insubordination) a vu sa carrière fortement impactée par son aventure avec Clinton. Aucune femme n’a jamais rien gagné à dénoncer un agresseur sexuel. Même pas la satisfaction de le voir dégager dans la plupart des cas. Elles peuvent même prendre une condamnation pour diffamation. Ou tout du moins un procès...

Croyez les victimes ! 

Bref, si personne n’a jamais nié l’existence de fausses accusations, elles restent anecdotiques. Surtout qu’il n’y a aucun, je dis bien aucun, gain à se placer en victime d’un délit ou crime sexuel. D’ailleurs, on sait que tous les viols ne font pas l’objet de plainte, essentiellement parce qu’on a peur de ne pas être crue. Autant s’arranger avec ses souvenirs mais ne pas se coller l’étiquette pour rien. C’est pas pour rien que quand une femme ose enfin parler, ça tombe en rafale. Un peu comme l’affaire Patrick Bruel. Dans cette histoire, qu’ont gagné les femmes qui ont témoigné avoir été victimes ? Absolument rien. Alors, maintenant, non seulement on ne dit plus ça mais si on se retrouve face à une personne qui prétend que les accusations sont fausses, posons cette simple question : est-ce qu’il existe un cas avéré de femme qui a gagné quoi que ce soit en se posant comme victime de crime ou délit sexuel ? Voilà.

 

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