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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Eternelle victime d’un délit ou crime sexuel

Publié le 10 Novembre 2020 par Nina in féminisme, violences faites aux femmes, agressions sexuelles

Tiens, si on faisait un petit article féministe ? Ca faisait longtemps, je trouve. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des victimes de tout ce qui est délit ou crime sexuel parce qu’il y a un truc dont on parle peu ou pas : la stigmatisation ad eternam. C’est à dire ? Et bien si on apprend un jour que vous avez été victime d’un délit ou crime sexuel, vous ne pourrez jamais vous défaire de cette étiquette.

Victime d'agressions sexuelles

La tâche indélébile

Cet article m’a été inspiré d’abord par le podcast Sans Filtre avec Rosalie Vaillancourt dont je vous ai déjà parlé au sujet des scandales sexuels au Québec. Elle-même n’a pas été victime mais elle connaissait un gars incriminé. Puis la conversation se poursuit sur le courage des femmes de parler car à partir du moment où ton nom sort, c’est fini. Tu seras à jamais la victime de Bidule bien plus que toutes tes autres identités. J’ai trouvé un témoignage quasi identique de la part d’une victime dans le podcast Injustices. Une fois que tu es marquée, c’est à vie. Tu seras toujours celle qui a été harcelée par son chef, agressée par un pote en soirée, voire pire… Le droit à l’oubli, il est pour ton agresseur, pas pour toi. 

Victime d'agression sexuelle

De la compassion maladroite

Ce n’est pas par méchanceté, bien sûr. C’est plutôt par une sorte de compassion un peu maladroite. Je suis la Reine de la compassion maladroite. Vous savez, quand on se sent obligé de témoigner son soutien par des questions un peu niaises, ce “ça va ?” avec un air un peu constipé ? Sauf qu’à un moment, une personne qui a subi le pire ne doit pas être résumée à ça. Et pourtant, c’est comme une affreuse tâche indélébile. Parler, c’est peut-être obtenir justice mais c’est être à jamais celle qui a été touchée, agressée, violée. Et pour peu que votre agresseur soit connu… Je vous avais parlé de Safia Nolin la dernière fois et quand j'ai cherché une photo d'elle pour la mettre dans l'article, la moitié était un montage de son portrait avec celui de son agresseuse. Et on a la même sur Tristane Banon. Peu importe ses compétences, dès qu'on la verra paraître, ce sera éternellement la fille qui a failli se faire violer par DSK.

Tristane Banon

Dur de passer le choc

Faut dire que c’est toujours assez choquant, ces histoires. Pour peu qu’on soit doué d’un minimum d’empathie, on imagine la peur, le malaise, le pire. Ce n’est jamais quelque chose que l’on accueille avec indifférence, jamais. Nos réactions sont normales mais quelle double peine pour la victime. Parce que même si on salue sa bravoure, son courage, la tâche reste. Alors on peut comprendre que parfois, la victime hésite. Déjà parce que t’auras toujours des gens pour remettre en cause la parole mais parce qu’être victime, être toujours couverte de cette tâche-là, faut assumer. La souillure. Mais après, les agresseurs viendront pleurer en réclamant le pardon aux victimes parce que "ils ne se rendaient pas compte". Mais ta victime, elle, elle n'aura jamais droit à être totalement lavée de la souillure. Parce que même si, elle, elle n'en parle plus, y aura toujours quelqu'un pour te chuchoter à l'oreille ce qu'elle a vécu.

Le secret

Et je dis ça pourquoi ? Faire un constat, c'est bien mais j'ai une solution. Non. Mais tout ça n'est pas gratuit. Je vous raconterai la suite jeudi. Enfin, si tout va bien parce que mon taf me prend un peu de temps, là...

 

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