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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Il faut tout sacrifier sur l’autel de l’économie, sinon…

Publié le 31 Juillet 2025 par Nina

Sinon quoi ? Ceci est une sorte de suite à l’article précédent des peurs infondées et du monstre sous le lit. J’avais évoqué les requins et les Musulmans mais il y a vraiment une ombre chinoise terrifiante que les politiques adorent brandir parce que ça justifie tout, y compris l’inacceptable : l’Economie. Bruit de tonnerre, coupure d’électricité. Ah, là, ça ne rigole plus. On va faire faillite, ça en sera fini de nous. L’Economie, y a que ça qui compte. Ah ?

L'économie

L'économie, c'est surtout ders discours alarmistes

En ce moment, je lis une BD appelée Le choix du chômage de Benoît Collombat et Damien Cuvillier qui retrace l’histoire économique de la Ve République, notamment en lien avec la construction européenne. En gros, la BD raconte comment les chômeurs n’ont jamais été une priorité des gouvernements plus impliqués à faire baisser le taux d'endettement et garantir un certain PIB. C’est plus complexe que ça mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui. Lisez cette BD, elle est très intéressante. Ce que j’en retiens, outre le fait que l’on a confié notre pouvoir économique à une institution non-étatique et qu’on n’a désormais que peu de leviers pour gérer notre économie, c’est la récurrence des discours alarmistes.

L'économie se crashe

L'économie ne va jamais bien

Depuis 40 ans, c’est peu ou prou le même refrain “ça ne va pas, il faut se serrer la ceinture”. Modulo le miracle de 2000 où, soudain, les caisses débordaient, ce qui avait permis de faire sauter les vignettes auto et instaurer une taxe flottante sur l’essence. Pile l’année où j’entrais en possession de ma première voiture, trop bien. Aujourd’hui, je me dis qu’il serait quand même temps de la remettre en place plutôt que d’essayer de nous voler des jours fériés. Avec un prix progressif pour les voitures récentes et en fonction de leur puissance, de leur espace occupé sur la voirie… Histoire qu’on ne fasse pas payer un jeune qui vient de s’offrir une Twingo d’occasion de la même façon qu’une personne s’offrant un SUV gigantesque flambant neuf. Oui, les SUV, c’est de la merde, c’est intolérable que ces tanks potentiellement mortels circulent en ville. Et non, je ne suis pas victime du lobby anti-SUV, j’ai juste des yeux pour constater leur inadéquation avec la ville. Par contre, les propriétaires de SUV sont, eux, victimes du marketing qui leur a fait croire que posséder un tank, c’était cool.

Un tank à Vilnius

Tout le monde doit faire des efforts, sauf les riches

Donc, il faut se serrer la ceinture. C’est tous ensemble que nous vaincrons la crise. Tous ? Non ! Selon une loi très intrigante, plus tu palpes, moins tu mets au pot commun. En fait, ce n’est pas tant la loi qui est inégalitaire que le paquet “d’optimisations” fiscales qu’il est possible de mettre en place. C’est à dire que tu peux tellement ne rien mettre au pot que des gens paient d’autres gens pour s’assurer de payer le moins d’impôts possibles. Imaginez d’ailleurs qu’on vit dans une société où tu peux légalement conseiller des gens très riches pour qu’ils gardent leur argent pour eux. Argent qu’ils doivent en grande partie à l’Etat, notamment à toutes les aides pour les entreprises qui sont filées sans la moindre contrepartie. Paraît qu’on ne prête qu’aux riches, ce doit être ça. Bref, on résume la ritournelle “Ohlala, c’est la crise, tout le monde doit faire des efforts et non, on n’ira pas chercher l’argent dans les poches de ceux qui en ont sinon ils vont quitter la France”. Perso, dans une coloc où le fils à papa n’en fout pas une ramée et ne paie pas pleinement sa part de loyer, je serais d’avis de l’exclure immédiatement…

Une coloc très bobo hipster

Si un remède ne fonctionne pas pendant 40 ans, faut peut-être abandonner

Ah, oui, je vous entends “non mais tu comprends rien à l’économie, tu racontes n’importe quoi”. Moi, je constate juste qu’en 40 ans d’austérité et de serrage de ceinture, le décrochage entre riches et pauvres n’a jamais été si important. C’est pas moi qui le dit, c’est un fait. A un moment, il me semble censé de se dire que si ça fait quarante ans que le remède, supposé, ne fonctionne pas, il faudrait voir à passer à autre chose. Comme dirait un proverbe latin, “L’erreur est humaine, persévérer est diabolique”. Ah bah je croyais qu’on aimait pas trop le diabolisme dans nos hautes sphères… Celles qui ont pour plan de faire revenir le catholicisme au plus haut niveau en France, j’entends. Alors je comprends bien que l’Euro nous tient dans un système où tous les pays sont poussés vers cette même fuite en avant qui a coûté si cher à la Grèce, par exemple. Une rigidité d’autant plus absurde que les règles édictées par l’UE en matière d’économie l’a été au regard des économies les plus fortes. Un peu comme si le code de la route n’était pas adapté à chaque véhicule selon ses spécificités… Imaginez le délire.

Panneau stop

Demain, le naufrage

Régulièrement, on nous sort quelques épouvantails. PIB, taux d’endettement. La dette, ah, la dette. Et puis regardez comme on a eu de mauvaises notes chez Moody’s, on n’est plus que AA2 ! Vous allez me demander en quoi c’est grave, ce à quoi je vous répondrais : “heu…”. Parce que c’est là où le bât blesse. Pendant longtemps, j’ai laissé les choses de l’économie à ceux qui y connaissait quelque chose. Moi, en terme d’économie, à part gérer mes propres comptes, ma foi… Et encore, parfois, je suis à découvert. Tout ça me paraît si compliqué, ohlala. Cependant, à noter que si on n'est plus en triple A, c'est plus pour notre instabilité politique que pour notre économie. En gros, on nous demande de compenser les conneries de Macron, oui.

Moody's

Chut, tu peux pas comprendre

Sauf que ça, c’est la doxa médiatique. Le gouvernement gère le budget en bon père de famille parce que nous, nous devons être les ados un peu dépensiers prêts à cramer des centaines d’euros en carte Pokemon ou skins Fortnite… Pardon, j’essaie de trouver un cliché de trucs d’ados mais je fréquente relativement peu d’ados. Vous savez, quand j’étais petite, un truc qui me faisait hurler, c’est quand je chopais un truc dans la conversation de mes parents et que je ne comprenais pas. Je leur demandais alors et j’avais droit à un “c’est pas de ton âge” ou un légèrement moins cassant “tu sauras quand tu seras grande”. Tout ce qui touche à l’Economie, E majuscule, me fait à peu près le même effet. On vulgarise à l’extrême en partant du principe que les gens ne sont pas en capacité de comprendre ou que, de toute façon, ça ne les intéresse pas. Certes, on parle de mécanismes complexes, qui n’ont pas grand chose de naturel, cependant je rappelle que Bruno Lemaire a été Ministre de l’Economie pendant 7 ans alors qu’il n’avait jamais fait d’économie jusque là. Ca relativise.

Bruno Lemaire est nul

Il faut donner aux patrons, pas à ces salauds de pauvres

En fait, c’est toujours la même histoire : on nous demande de tout sacrifier sur l’autel de l’économie tout en arguant qu’on ne peut pas comprendre le pourquoi du comment mais qu’on a qu’à faire confiance. Dès que quelqu’un émet une objection, c’est toujours la même rengaine “mais t’y piges rien”. Alors sans doute mais la personne qui dit ça ne pine pas grand chose non plus. A notre niveau, il semble que l’économie n’est qu’une question de dépense et d’où on met l’argent. On paie quoi ? Les pauvres qui foutent rien ou les braves capitaines d’industrie qui créent des emplois. Certes, il font la pluie et le beau temps et tu risques de perdre ton taf juste parce que t’es pas la bonne ligne excel du tableau. Ou juste parce qu’il faut donner plus d’argents aux actionnaires qui prennent l’argent sans jamais le rendre. Tous les tests autour du fait de donner de l’argent sans conditions aux plus précaires sont couronnés de succès. Des prix nobels d’économie nous dessinent régulièrement un autre monde où l’équité est la seule règle tangible. Mais eux non plus, ils ne doivent pas savoir de quoi ils parlent, je suppose.

Le monde économique

L'Etat, ce n'est pas une entreprise

On nous explique l’économie comme si les Etats étaient des individus. Ou des entreprises. Il faut être au vert, sinon… Sauf que ça n’a pas de sens. Un Etat ne devrait pas avoir pour ambition d’être rentable. Il devrait avoir pour ambition d’offrir un cadre de vie stable à ses habitants et de puiser l’argent là où il se trouve. De la même façon que les services publics ne devraient pas, non plus, chercher la rentabilité. On ne devrait pas fermer des lignes de train juste parce qu’elles ne sont pas rentables ou fermer des lits d’hôpitaux pour la même raison. La santé ou la possibilité de se déplacer, y compris pour aller au travail, devrait être un acquis, pas quelque chose que l’on négocie au nom d’une sacro-sainte économie devenue un Monstre sans pitié pour les “faibles”. 

Aide alimentaire pour les étudiants

Les fléaux, on les a déjà, de toute façon

Surtout que, pour en finir, on nous promet toujours le pire. La faillite de l’Etat, aaaah. L’inflation, le chômage… Mais on a déjà ces fléaux alors qu’on a été raisonnable, qu’on se serre la ceinture, encore et encore. Franchement,  à un moment, le problème, c’est le manque d’implication des citoyens ou le système qui ne fonctionne plus ? Je laisse la question ouverte. 



 

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