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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Les sites de rencontres sont-ils un enfer pour les femmes hétéros ?

Publié le 11 Février 2020 par Nina in séduction, amour, féminisme, site de rencontre

Depuis quelques temps, j’essaie de restructurer un peu mes blogs. J’ai donc désormais 4 espaces bien à moi : Mes petits carnets, Dystopie, Raconte-moi des histoires et ces pages-ci. Je suis plurielle et je suis plus à l’aise de multiplier les lieux plutôt que de proposer un mélange des genres un peu indigeste. Et puis y a le vaisseau-mère, les Vingtenaires, que j’aimerais purger un peu. Parce que certains articles ne sont plus en phase avec ce que je pense, qu’il y avait un côté un peu trop grotesque au début en mode “hé, regardez, on est cools parce que dépravés et alcooliques”. Alors qu’on était surtout au fond du trou. Alors je tergiverse sur ce que je laisse en ligne ou pas et notamment toute une série d’articles sur Meetic. Parce que les sites de rencontre, y a encore des choses à dire.

Une femme cherche l'amour sur des sites de rencontre

 

Les sites de rencontre : la grande évolution

 

Alors je ne sais pas si Meetic, c’est encore beaucoup utilisé et je doute que ça le soit de la même façon qu’à mon époque (oui, c’était y a 15 ans. Quiiiiiinze ans. Coup de vieux). Il existe tellement de sites gratuits pour tirer son coup que tu ne payes que si tu es motivé à rencontrer l’amour. Je pourrais donc jeter tous mes articles sur la grande époque des meetics, adopte and co… même des articles plus récents où je décortiquais ça en mode “vieille briscarde du love” vu que je parlais de remplir une fiche et qu’il me semble que sur les sites aujourd’hui… enfin, les applis, à quelques exceptions près, tu racontes plus grande chose. C’est vraiment quelque chose qui a vraiment évolué rapidement. Il y a encore 15 jours, mon ex collègue Aurélien me parlait d’une nouvelle appli, Bumble avec un nouveau concept. Tu ne peux pas communiquer avec une femme tant qu’elle ne t’a pas envoyé de message. Un version un peu plus exigeante qu’Adopte un mec où il “suffisait” d’accepter le charme d’un mec (ou le mettre dans son panier) pour initier une conversation. Et les sites de rencontre, est-ce que ce n’est pas un peu comme les boîtes de nuit ? On chouchoute les femmes pour leur faire oublier qu’elles sont l’appât ? Je vous renvoie à une vieille mais chouette vidéo du meufisme sur les meufs qui ne paient pas leur entrée en boîte.

Trouver l'amour sur des sites de rencontre

 

Les rendez-vous de l'angoisse

 

Je dis ça car, du haut de ma vénérable quadragénie (moins deux mois, oui, ok), je ressens à quel point la drague hétérosexuelle est une punition pour les femmes. Je t‘explique, commence pas à taper ton comm énervé, Jean-Rageux. Parfois, je fais le cauchemar suivant : Victor me largue. Souvent sur le thème du “je suis trop heureux avec toi, je dois partir avant de trop souffrir”. Du coup, de rage, ni un ni deux, je vais me coller sur des sites de rencontre et l’abysse. Il y a quelques années (deux ou trois), ma meilleure amie Anaïs était sur ces sites et elle me racontait ses rencards. J’avais un souvenir un peu nostalgique et soudain la douche froide. Non, les trois-quart du temps, c’était de la merde en fait.

Un rendez-vous foireux

Sortez-moi de là

 

Alors j’ai rencontré des mecs qui sont restés longtemps dans ma vie sur ces sites. J’ai fréquenté un mec de Meetic pendant 7 ans (sans qu’on ne soit jamais en couple, cependant même si pas mal de gens considéraient quand même que si vu qu’on se voyait très souvent). J’ai rencontré mon adoré sur OkCupid donc ne pensez pas que je crache dans la soupe, Mais combien de mauvaises expériences ? De mecs pas clairs dans leurs attentes, pas forcément super intéressants, parfois même franchement macho en mode “les meufs aiment les bad boys” (en vrai, un mec qui me confond avec son paillasson, c’est un grand non). Combien de soirées où, au bout d’un quart d’heure, je réfléchissais à comment me sortir de là sans que le mec estime que je lui devais du sexe vu que j’avais accepté le rendez-vous. Des fois, j’en venais même à espérer que le mec sorte un truc raciste, machiste ou homophobe pour déclencher une dispute et que chacun rentre fissa chez soi. 

Un rendez-vous foireux

La dette du sexe

 

Parce que oui, la dette du sexe, parlons-en. Je me considère assez ouverte sexuellement parlant même si je n’en fais pas un étendard. Je n’ai jamais eu de soucis avec les plans d’un soir, j’ai eu quelques expériences piquantes. Aujourd’hui, je suis en monogamie par pur choix mais je ne juge pas les couples libertins, polyamoureux, trouples… Je suis limite plus agacée par les 150 étiquettes amoureuses que par l’existence de couples atypiques. Parce que je considère que ça ne me concerne pas ce que font les gens et que tant qu’ils forniquent pas sur mon canapé, j’ai rien à en dire. En fait, je crois que le sexe est un non-sujet pour moi. Sauf quand on rentre dans des sujets de consentement, la fameuse zone grise, etc. Le souci quand tu es une femme “open”, c’est que ça ouvre trop vite certaines portes. En gros, le mec t’a à peine demandé ton prénom qu’il va te demander si t’aimes la sodomie. Je n’ai pas toujours le désir de parler cul ou de me chauffer et ça, c’est vraiment un truc que les mecs de sites de rencontre avaient un peu de mal à percuter. Le pire étant les sextos envoyés en pleine journée alors que tu es au travail et que t’es pas du tout branchée cunni, là, de suite. T’es juste branchée finir ce putain de dossier pour rentrer chez toi te coucher. Seule. A partir du moment où tu avais commencé à interagir avec le mec et qu’il avait perçu que tu n’étais pas farouche, il n’y avait plus aucune notion de consentement. Le mec te saoulait avec son dirty talk non sollicité. En général, ça n’avait qu’un effet sur moi : ça me glaçait et je laissais tomber aussi sec.

Bloquer un contact

 

Toujours la faute des femmes...

 

Quoi ? Qu’entends-je ? “Oui mais faut pas t’étonner, tu choisis mal tes sites et puis c’est toi qui veux des plans culs” etc. etc. Mmm. Mais chers messieurs, le problème vient de vous, pas de moi. J’ai toujours été fascinée par cette extraordinaire dissymétrie entre votre gestion du cul et votre vision de notre gestion du cul. En gros, vous, vous avez tous les droits. Je suis sûre que si on faisait un état des lieux des mecs maqués vs des meufs maqués sur des sites de rencontre non dédiés, il y aurait clairement plus de mecs que de meufs. Evidemment, n’ayant fréquenté que des sites hétéros (ou  bi), il est vrai que je n’étais quasi en contact qu’avec des hommes donc ma propre expérience ne peut faire office de généralité mais c’est ce que je perçois dans les témoignages que je lis à droite, à gauche. Ca, ça vient du mythe des “besoins sexuels”. Ah, qu’est-ce qu’ils vont pas inventer, nos fieffés queutards, pour justifier que ce sont des ordures. Je parle là de mecs officiellement en monogamie qui cherchent à tirer leur coup ailleurs pour “leurs besoins”. Le pire étant que la plupart du temps, tu n’as pas forcément l’information de suite. Une femme qui a une sexualité épanouie, par contre, ce n’est pas tolérable. Ce double discours est vraiment effrayant. D’un côté, les mecs nous traitent comme des paillassons car ils veulent juste planter leur drapeau dans notre colline mais ça reste notre faute si on est mal traitées. Vous avez le droit d’avoir envie d’un peu de sexe sans conséquences mais nous, si ça se passe mal, ce sera bien fait pour notre gueule.

Je suis blasée

Des hommes blessants

 

Car les hommes sont rarement gentils. J’avais lu ça sur Twitter, je ne me souviens plus du compte (mauvaise fille, peut-être) qui expliquait qu’on était perdantes dans le sexe hétérosexuel car les hommes étaient souvent blessants avec nous. Blessants et flippants aussi. Souvent à cause de la “dette du sexe” précédemment évoquée, par manque de notion que nous sommes une personne derrière notre vulve. Que s’il veut se faire plaisir, nous aussi et que donc, il serait de bon ton de s’intéresser un peu à ce qui nous plaît. Vous vous racontez qu’on est gagnantes de ce jeu car on a du sexe à volonté, tous les hommes étant en chien, je… alors déjà, si vous avez cette image des hommes, c’est qu’il doit bien y avoir un fond de vérité, mais sinon, non, pardon. Un rendez-vous est flippant car vous êtes pas toujours nets sur vos envies, sur le consentement, sur votre état marital non plus. J’ai pas à être coupable de votre infidélité… surtout si j’étais pas au courant que vous étiez en couple.

Homme infidèle

Une menace omniprésente

 

Bref, pardon, c’est fouillis. Mais c’est un ressenti assez déplaisant que j’ai. Et j’ai pas eu le courage de me remettre sur des sites de rencontre pour tester mon ressenti. Parce que j’ai pas envie d’étre écorchée, en fait. Quand Tinder est sorti, je m’y suis mise un peu pour voir. J’avais même pas mis ma tête ni mon vrai prénom car le côté géolocalisation me terrorrisait. Mais il suffit que tu ne sois pas trop docile ou quoi que ce soit pour vite te prendre des insultes à la gueule sur ton visage, ton corps, ta personne. Et on a tous le droit à une certaine sensibilité. Perso, le fait qu’un mec qui s’avère rapidement con comme un tabouret vienne m’expliquer que je suis dégueu et qu’il me toucherait même pas avec un bâton, je m’en fous. Mais cette menace de violence, là, ça me fait vriller. J’ai la sensation que les sites du rencontre promettent une grande liberté, un choix infini, à l ‘arrivée… quand j’y repense, il y avait quand même cette sensation d’une certaine menace. Pas parce que j’étais libérée. Juste parce que je suis une femme hétérosexuelle et que sur ces sites, on oublie souvent que derrière le clavier, il y a une vraie personne avec ses failles et sa fragilité. 

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