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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Coronavirus : mais comment on en est arrivé là ?

Publié le 17 Mars 2020 par Nina in Actualités, coronavirus, L'opinion

 

Bonjour. Cet article ne parlera pas de l’épidémie en soi et ne commentera pas les consignes de confinement. Car je ne suis pas médecin. J’ai juste hâte que le confinement soit proclamé pour faire chier les boîtes qui refusent d’appliquer un télétravail total alors que ce serait tout à fait possible. Oui, même en temps de crise, je me réjouis de ce qui peut emmerder les grosses boîtes qui ne considèrent les salariés que comme des lignes sur un tableur excel. Bref, moi, j’ai plus envie de me pencher sur le changement radical de “l’opinion", quelque chose comme ça.

Femme en panique cachée sous ses draps

Une maladie si loin...

Fin décembre ou début janvier, je vois des premiers articles sur une maladie terrible en Chine. Léger haussement de sourcil. Face aux annonces d’apocalypse imminente, j’ai trois réactions :

  • Mon cerveau reptilien : je vais crever
  • Mon moi rationnel : non mais ça va faire comme le SRAS et la grippe aviaire
  • Mon moi écrivain : tant d’histoires à écrire sur cette histoire.

Bref, je n’étais pas très inquiète. Et si je l’avais été, tous plein de médecins et spécialistes de l’épidémiologie me rassuraient sur Twitter. “Non mais c’est rien, pas de panique”. Même notre ministre de la santé voyait pas trop de quoi paniquer. Oui alors je n’ai guère d’estime pour notre cher gouvernement mais quand même, sont pas si cons…

Ne paniquez pas... pas encore... paniquez !

... Ah si. Je pense que quand tout ceci sera fini, il sera fascinant d’étudier l’évolution du discours du “ne pas paniquez pas, c’est loin”, “ne paniquez pas, on gère”, “ne paniquez pas, l’Italie, c’est des nuls”, “ne paniquez pas, restez juste chez vous”, “putain mais vous êtes cons, on va tous crever !”. Je ne suis pas là pour distribuer les responsabilités ou quoi que ce soit. Cependant, on est vraiment gouvernés par des champions : Macron qui va au théâtre “parce qu’il faut pas s’arrêter de vivre, hihi”, le gouvernement qui nous explique qu’il faut vraiment plus trop sortir mais allez voter quand même. Ah mais vous êtes irresponsables à aller dans les parcs mais Brigitte, elle, elle le fait en toute décontraction. Alors moi, je suis une citoyenne lambda : informée mais pas formée à la médecine. Et depuis une semaine, ça tourne en boucle dans ma tête : est-ce que c’est grave ou pas ?

Le coronavirus

On avait tué l'hôpital et c'est maintenant la merde...

Alors je comprends bien que c’est pas tant ma santé dont il s’agit mais le fait qu’on a tellement pulvérisé l’institution hospitalière française. Un jour, une copine m’avait expliqué qu’un bon manager doit t’occuper à 80% pour pouvoir monter à 100% en cas de crise. Depuis des années, on gratte le moindre “surcoût”. Tous les lits doivent être occupés sinon, c’est de l’argent public jeté par les fenêtres, ohlala ! Un jour, on comptera les morts de l’ultralibéralisme et ça va tousser chez ceux qui adorent brandir les millions de morts du communisme. Tousser au sens littéral, si on continue à démanteler notre système de santé.

Toux et maladie

C'est la confusion sur la contagion

Mais du coup, c’est la confusion car on reste en surface, j’ai l’impression. On passe d’un “c’est rien, c’est comme la grippe, on s’en sortira” à “on va tous être contaminés, aaaaaah !”. Alors : oui, on a de fortes chances d’être porteurs. Ca ne veut pas dire qu’on sera malade. En vérité, ça paraît toujours un peu opaque cette histoire-là. Vu qu’on a ni assez de test ni assez de personnel soignant pour tester, c’est de l’ordre du doigt mouillé. L’aura, l’aura pas. Malade, pas malade. On va mourir, on va pas mourir. Parce que oui, sur les réseaux sociaux, on est passés de “non mais arrêtez avec votre parano de merde, il va rien se passer” à “mais tout le monde crève, même les jeunes, ferme ta gueule !”. Ceux qui vivaient leur vie en toute décontraction le mercredi pourrissent la gueule de ceux qui osent encore sortir le dimanche. Comme si la situation était soudain devenue gravissime… Alors qu’elle l’était déjà. Je comprends qu’on soit un peu confus du coup, on est tellement passé de “y a R” à “c’est la peeeeeeeeste!”... Et puis les employeurs, par exemple, ils sont moyen convaincus de la gravité de la situation. Dans mon ancienne boîte, ils imposent le télétravail alterné… Non mais quoi ? “On va tenter de n’avoir une contamination que de 50% de nos salariés”. Nan de Dieu… Vous êtes complètement cons ou ? Mais comment voulez-vous une prise de conscience collective quand les (soit-disant) plus éclairés que nous font de la merde ? 

Un open space vide

En attendant... vivons en intérieur

Un jour, je me pencherai sur ce virage d’opinion. Ce sera un sujet d’études passionnant, je suis sûre. En attendant, on va être sages un peu. Plus vite on collabore, plus vite on s’en sort. On en profite pour faire tout ce qu’on n’a jamais le temps de faire. Peut-être qu’on se rendra compte que notre vie rêvée, elle est pas si géniale que ça. 

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