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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Et c’est reparti pour le confi… quoi ?

Publié le 3 Novembre 2020 par Nina in coronavirus, confinement, télétravail

Y a un truc que j’arrive pas trop à prendre avec calme et sourire. C’est quand on se fout de moi. Autant vous dire que notre gouvernement actuel, du coup, j’ai du mal. Et pas qu’un peu. Dernière arnaque en date ? Le nouveau confinement. Non parce qu’un truc où les gamins continuent à l’école et où la majorité des boîtes ne respectent pas l’obligation de télétravail parce que les sanctions ne seront que symboliques, je n’appelle pas ça un confinement. Le couvre-feu me paraissait plus restrictif...

Un faux confinement

Tout ça, c'est la faute des mauvais élèves

Enfin, je dis ça, il me coûte cher, personnellement parlant, ce confinement. Mais j’ai déjà chouiné par ailleurs, parlons donc de cette incongruité que Macron a appelé confinement car y a deux ou trois trucs que j’aimerais mettre sur la table. On va revenir très vite sur l’éternel pia pia médiatique de “si la maladie progresse, c’est parce que les Français sont pas rigoureux”. Alors pour la dernière fois, c’est faux. Ah oui, hein, des gens qui mettent leur nez hors de leur masque ou l’enlèvent carrément, y en a. Mais attention encore au biais de confirmation. J’ai fait l’exercice dans le RER où il y avait décidément bien du monde juste avant le confinement. Le télétravail, mes fesses ! J’ai donc décidé un matin de partir du principe que les gens respectaient le port du masque plutôt que de chercher les preuves du contraire. Eeeeeet… oui, en effet. 90% à 95% des usagers jouaient correctement le jeu mais à en lire les médias et les réseaux sociaux, personne n’était capable de le porter correctement. Sauf tous ceux qui expliquaient que le porter comme il faut est une preuve d’intelligence. C’est chouette de ne jamais douter de soi.

Port du masque obligatoire

Mon employeur a donc le droit de sacrifier ma santé...

Jeudi matin, réveil difficile. Ce genre de réveil où, pendant quelques secondes, la vie va bien et soudain, tu réalises que tous tes projets ont volé en éclat. Mais c’est pas si grave. Avec le confinement, je vais pouvoir me faire une petite remise en forme, ce sera toujours ça de pris. Et… quoi ? Qu'ouïs-je ? Ah très bien, mon employeur a décidé que le télétravail, il était pas trop pour donc on allait revenir deux fois par semaine. J’ai tempêté, je me suis indignée mais un tour de passe-passe plus tard, la RH nous annonce sans trembler que c’est comme ça et puis c’est tout. Depuis j’ai découvert que j’étais limite une chanceuse vu que j’ai l’incroyable chance de n’y aller que deux fois par semaine. Seulement deux fois par semaine, je vais aller traverser trois départements parce que mon PDG est persuadé qu’on ne fout rien en télétravail. En mars, on m’apprenait que rester chez moi était la meilleure façon d’aider les soignants et de ne pas propager la maladie. En octobre, on m’apprend que je n’ai plus le droit d’avoir une vie et que le peu qu’il m’en reste appartient donc à mon employeur.

Travailler avec un masque

Aucune confiance aux citoyens alors que les entreprises...

L’autre jour, je regardais Viens voir les docteurs sur le coronavirus. Dans la seconde partie, il était question de démocratie et Samuel Hayat parlait de la grande défiance de l’Etat envers ses citoyens qui seraient incapables de se comporter raisonnablement et qu’il faut donc les punir pour être sûr qu’ils obéissent. Ce qui est drôle (non), c’est qu’à contrario, on note le total blanc-seing offert aux entreprises. On a d’abord eu droit à un “non mais s’il vous plaît, mettez du télétravail” à “non mais c’est obligé sinon, sanctions…” Lesquelles ? C’est pas clair et vu comme les trois-quarts des entreprises ont l’air de s’en contrefoutre, il est évident qu’il n’y en a pas. Alors voilà les faits. Hier, je me suis promenée autour de chez moi, un rayon de cinq ou dix minutes à pied. Je n’avais pas d’attestation, la balade a duré à peine quinze minutes. Mais j’avais plus de risques de me prendre une amende alors que le risque de contamination en extérieur est quasi nul quand on respecte la distanciation sociale que mon patron qui m’enferme deux jours par semaines dans un open space. Sans aération parce que quand tu bosses dans une haute tour, rien ne s’ouvre.

La Défense, Paris

Le déni et les injonctions paradoxales

Et là, il se produit un phénomène psychologique étrange. Je ne conçois pas ce nouveau confinement. Il n’a aucune réalité pour moi puisque je dois aller très largement au-delà de mon kilomètre de référence pour risquer ma santé dans un bureau où je ferai exactement la même chose que chez moi. La petite balade du paragraphe précédent, je ne l’ai jamais faite durant le premier confinement, restant docilement limitée au jardin de la résidence. Là, je le fais sans me poser de questions. J’ai même envisagé très sérieusement de profiter de mes déplacements professionnels pour aller faire une photo ou deux de ma playmo à Paris, notamment la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe… sauf que j’ai rien à faire dans ces coins et que mon amende, je vais me la manger si je continue. De toute façon, je ne le ferai pas mais je mesure à quel point l’injonction paradoxale de confinement et obligation d’aller travailler me fait totalement oublier que, hé, c’est le confinement.

Nina B playmo se balade dans Paris

Et à la fin, c'est moi qui suis punie

Alors voilà. Parce que mon employeurs et des centaines d’autres ont décidé que le télétravail, ça marchait pas, ça va être la cata. La réa continuera à saturer, les soignants à s’épuiser. Et les profs à être contaminés car on aime trop sacrifier les fonctionnaires. Dans le “meilleur” des cas, je vais juste rester confinée et rater le premier Noël de Plume, ma nièce, enfant n°3 de ma soeur. Ce qui brisera sans doute le coeur de ma mère mais c’est pas grave, je fais tourner l’économie.

Bébé plume
Bonjour Plume ! C'est marrant, j'aurais jamais cru que ce serait sur ce blog que je mettrais une photo d'elle en 1er

Bref, une fois de plus, ce sont toujours les mêmes qui ne jouent pas le jeu mais ne vous inquiétez, c’est bien vous qui serez grondés et punis de fêtes. 

 

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thibal 04/11/2020 01:04

Lors de la première vague je pouvais comprendre la panique, la surprise, les mesures drastiques et l'amateurisme dans l'exécution des restrictions. Trouver des règles communes à tout le monde pouvait justifier de mon point de vue la nécessité d'attestations de sortie, une version du mot d'excuse du collège mais pour adulte (et c'est toi qui le signes). Même dans un coin de campagne avec une densité de 50 habitants au kilomètre carré. Mais depuis le déconfinement je n'ai pas l'impression que grand chose aie changé côté préparation. Pas de révision de la politique de santé, au contraire les suppressions de lit continuent. Au moins cette fois j'ose espérer qu'ils seront mieux équipés. Et maintenant on rentre dans un deuxième confinement, avec un choix conscient de laisser continuer des secteurs professionnels entiers bien au-delà des travailleurs essentiels, mais d'en pénaliser d'autres comme le secteur beauté apparemment, la culture, et les loisirs. Interdit de s'éloigner de plus de 1 km du domicile sauf si c'est pour aller chasser. Librairies fermées, mais les rayons en grand magasin aussi. Bref des mesures soit qui relèvent du foutage de gueule soit qui tentent de ménager la chèvre et le chou et fâchent les deux. Comme tu l'as dit, on se fout de nous en nous imposant encore de supprimer nos contacts sociaux, mais cette fois sans endommager l'économie hein, et je ne vois aucune raison de respecter à la lettre, de façon bête et méchante, des règles qui ont dû demander deux minutes de réflexion à leurs auteurs. Je continuerai d'adapter mon comportement en société, comme depuis bientôt 8 mois, mais pas question de pas dépasser les 1 km de chez moi sous prétexte que je pourrais croiser un autre pélo dans les bois.