Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

J’ai le blues de Twitter

Publié le 2 Juillet 2020 par Nina in twitter, réseaux sociaux, mépris social

 

Enfin des réseaux sociaux au global mais la dernière crise existentielle ayant eu lieu sur Twitter… Alors avant de poursuivre, un point. Oui, Twitter est un outil et l’outil n’est jamais responsable de la façon dont on les utilise. Néanmoins, j’ai beau m’être créé un compte très bienveillant où j’ai bloqué la plupart des comptes actus, la haine suppure sur les trend topics. La seule façon de se préserver ? Tout couper. Ok, pas de soucis. Mais profitons-en pour réfléchir un peu à cette haine, ce jugement, ce mépris permanent de l’autre qu’on partage à longueur de journée. A peu près.

Twitter hate

Un réseau qui ouvre des perspectives

Twitter est clairement mon réseau social de prédilection. Dans mes moments perdus, c’est là que je me rends. Et Instagram aussi mais on s’en fout, c’est pas le sujet. J’ai longtemps vu Twitter comme une fenêtre sur le monde des idées. Des tas de connaissances hâchées en 280 caractères qui m’apprennent de petites choses, des snacks de savoir qui peuvent m’encourager à creuser si le sujet m’intéresse vraiment. Parfois, j’ouvre les yeux sur des problématiques que je ne connaissais pas vraiment ou du moins que je ne mesurais pas. Genre la grossophobie. J’avais conscience que ça existait et j’avais bloqué la publication d’un article tournant autour de “si t’es gros, t’as qu’à maigrir” sur mon ancien blog collaboratif mais je ne me rendais pas compte à quel point. Ca me rend beaucoup plus attentive à mes propres comportements et mots, regards et jugements.

Grossophobie

"Les gens qui"

Le jugement, justement. Les réseaux sociaux “d’humeur” que sont Twitter, Facebook et parfois LinkedIn, sont truffés de messages sur “Les gens qui”. Les gens qui font de la merde, entendez bien. Toute la journée, tu passes et tu réalises que c’est clan contre clan, ces derniers étant mouvants au fur et à mesure des combats. On est dans du passif-agressif permanent, du jugement de valeurs à base de “tous des cons sauf moi”. Moi aussi, je fais ça, hein. Je gueule contre les automobilistes et cyclistes qui ne respectent pas les piétons, ceux qui tombent dans le jeu émotionnel médiatique qui va permettre de nous coller une ou deux lois liberticides dans la gueule car “y a que moi capable de suivre les règles” (non), ceux qui tombent dans le jeu des fachos qui agitent le drap rouge tous les matins pour vous exciter, tous les phobes de par leur démarche excluante et merdeuse. Parfois, il m’arrive de tomber sur le coin du nez d’un abruti juste parce que je suis de mauvaise humeur et ça va me défouler. Oui.

Taper dans un punching ball

Une liberté d'expression mordue par la méchanceté

Mais à la réflexion, y a rien qui va. Parlons d’abord de la méchanceté qui me trigge. Je suis légèrement hypersensible ou un truc du genre et de voir des individus errer sur les réseaux sociaux à la recherche d’une proie à insulter, ça me fait péter un câble, vraiment. Alors je me doute bien que ces gens souffrent d’un mal-être ou je ne sais quoi mais j’ai tellement intégré leur mécanisme d’agression permanente que j’ai parfois la tentation de me censurer. Non que ça puisse m’affecter, leurs "arguments" tombent toujours à côté, mais j’ai vraiment autre chose à faire. Mais surtout quand je me balade sur Twi', quand je vois certains contenus, je sais que les commentaires vont être dégueulasses. Surtout s’il s’agit d’une femme. Surtout si elle n’est pas mince, suffisamment vêtue et parfaitement épilée. Quand je vois ces contenus, ma première pensée avant même d’apprécier (ou non) la qualité, c’est “quel courage d’oser poster ça vu tout ce qu’iel (mais surtout elle) va se prendre dans la gueule”. Je trouve ça effroyable. Effroyable car ces hordes de trolls nous réduisent au silence, peu à peu. On n’a plus le courage d’affronter ça. Oui, ces trolls ne font pas plus de mal qu’une piqûre de moustique, même pas tigre, mais la multiplication, ça saoule. On a envie de pouvoir s’exprimer sans se faire agresser. Y compris sur un réseau public.

Troll Internet

Pourquoi vous insurger sur ce qui ne vous nuit pas ?

Car la plupart du temps, je ne comprends pas. Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Dernier exemple en date : L’Oréal qui va arrêter d'utiliser le terme “blanchissant” de ses produits de beauté. Et là, toute la fachosphère se lève d’un bond en hurlant, surtout les hommes “Je boycotte L’Oréal”. Mais enfin ? Alors je vais passer sur le fait que je doute que ces hommes-là achètent beaucoup de produits L’Oréal, ma vraie question, c’est “qu’est-ce que ça peut vous faire ?” Ce ne sont pas des produits qui vous concernent ! Et ne croyez pas que L’Oréal fait ça par “gauchisme” ou “grand remplacementisme” ou je sais même pas ce qui vous motive. S’ils font ça, c’est sans doute parce qu’ils sont à la traîne sur le sujet et qu’il y a un bon gros gâteau à se partager là-dessus. Pareil, si vous ne trouvez pas un style de photos belles ou esthétiques... bah passez votre chemin ? Chacun ses goûts. Si je n'aime pas un contenu mais qu'il n'est offensant pour personne, pourquoi perdre du temps à être désagréable ? Au risque de blesser l'auteur ou autrice du contenu ? Ca me dépasse.

Arrêtons le blanchiment
J'aime cette photo, par exemple

Tous des cons sauf moi

Et puis y a le jugement, ce fameux “vous êtes vraiment tous de gros cons (alors que moi, non)”. Alors moi aussi, quand j’observe des réactions ou comportements qui heurtent ma logique, mon premier réflexe est d’affirmer que cette personne est conne. Sauf que c’est un peu court. Alors je vous renvoie vers Horizon Gull qui a fait quelques vidéos intéressantes pendant le confinement, Marketing mania aussi… Et en vérité, jeter tout ça à la poubelle en postulant sur la connerie des gens, ça me dérange. Genre les trilliards de théories du complot sur Big Pharma. Pendant que j’écris cet article, je regarde un podcast avec le Pharmachien et en comm, je vois une personne qui se croit supérieurement intelligente car elle a refusé les piqûres anti phlébites à l’hôpital car c’était de l’arnaque. Quoi ? Comme la guerre contre les masques. Très clairement, le masque n’est pas safe à 100%, surtout parce qu’on l’utilise n’importe comment. Ok. Mais je le mets quand même pour les autres. Ca rassure les gens, ça me permet de garder mes miasmes pour moi. Franchement, des fois, je comprends pas les combats. Y a un lobby du masque ou bien ? Ca m’intéresse car je crois que comprendre l’incroyable défiance des gens vis à vis du gouvernement jusqu’à l’irraisonnable pourrait peut-être permettre d’améliorer la santé de notre démocratie. Il y a des mécanismes derrière ça, c’est pas juste Jérôme qui prend la décision de pas porter son masque dans sa chambre mansardée, non. 

Fake news

Comprendre plutôt que dénigrer

Nos comportements ne sont jamais si cohérents que ça, finalement. Il y a de la colère, de la peur, du découragement. De la naïveté, parfois, aussi, ne soyons pas que négatif. J’ai pas l’impression que le pacte social, ce soit laisser de côté ceux qui refusent de rentrer dans le moule ou ceux qui ont des comportements différents de ce que l’on attend d’eux. Surtout que tous ces gens que vous dénigrez, rassurez-vous que certains seront ravis de les récupérer. Et pas forcément des gens que vous avez envie de voir au pouvoir, par exemple...

Commenter cet article