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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Savoir ne dit rien sur votre intelligence

Publié le 26 Décembre 2020 par Nina in intelligence, culture, faux intellectuels

Vous pensiez que j’en avais fini avec mes histoire d’intelligence sur les réseaux sociaux. Pas du tout les amis. J’ai pas mal de petits articles dans ma besace dont celui-ci qui va vous expliquer en long, large et travers qu’il ne faut pas confondre culture et intelligence. Ca vous paraît évident ? Et bien pour vous, peut-être mais je croise trop de gens qui considèrent qu’une personne qui a une bonne culture est “une tronche”. Alors que tu peux avoir peu de culture mais être intelligent. Ou avoir une culture étendue mais être incapable de mettre tout ça en pratique.

Se cultiver

Savoir n'est pas comprendre

Moi, par exemple, il y a des choses que je sais mais que je serais bien infoutue d’appliquer en vrai. Parce que savoir n’est pas comprendre. Ce que je sais donne des indications sur ma mémoire (très performante, je l’avoue), ce que je comprends sur mon intelligence logique. Je me suis un peu plongée dans les vidéos du Bouseux Magazine qui dézingue avec beaucoup d’intelligence et pas mal de bazookas les “influenceurs” problématiques de Youtube. Il taille notamment un short à Kriss Papillon et je constate que notre ami Kriss aime nimber son discours de références aux grands penseurs. Auquel il ne comprend rien. J’ai toujours une grande méfiance vis-à-vis de ceux qui usent et abusent des citations, j’ai toujours trouvé que c’était un excellent cache-misère d’une pauvreté de raisonnement. Ca ou ceux qui vont parler de physique quantique alors qu’ils ont tout appris sur Wikipedia. Et je dis ça sans dénigrer Wikipedia.

La physique quantique pour les nuls

L'intelligence de la gogo danseuse

En 2001, une rumeur a circulé. Une jeune gogo danseuse enfermée dans un décor en carton-pâte et filmée 24 heures sur 24 aurait un QI élevé. LOL, dirent les gens qui aiment se croire supérieurs. Elle, intelligente ? Elle n’a même pas son bac et elle montre ses nichons, tu parles si elle est intelligente. Alors je ne connais pas personnellement Loana mais pourquoi elle ne serait pas intelligente, en fait. Qu’elle n’ait pas de culture car elle n’a pas fait d’études, c’est une possibilité. Mais ça n’a rien à voir avec l’intelligence.

Loana, la plus intelligente des candidates de télé-réalité

Un certain savoir n'est pas une réalité absolue

Le problème, quand on confond tout, c’est qu’on finit par donner foi à quelqu’un parce que « intelligent » alors qu’iel est juste cultivé. Et que la culture que l’on se fait est souvent percluse de biais. Prenons Lorent Deutsch ou Stéphane Bern. Les deux se présentent comme férus d’histoire, pourquoi pas. Là encore, je ne les connais pas personnellement. Là où je suis plus dérangée, c’est quand ils racontent une certaine vision de l’histoire, une visions très royaliste. Qu’on se passionne pour les dynasties royales, les alliances et compagnie, pourquoi pas. A une époque, ça me titillait de me pencher sur l’histoire des Reines et maîtresses, les femmes influentes un peu de l’ombre. Et pas que de l'ombre d'ailleurs, il me semble que les Reine Victoria ou Marie-Thérèse ont joué des rôles bien plus important en Europe que pas mal de roi. C’est pas pour rien que j’avais voulu écrire une fiction où une version alternative de Melania Trump se retrouvait à la tête de la cinquième colonne ou à peu près. Mais te présenter les choses sous le prisme d’une nostalgie, sur un air de « c’était mieux avant », hmmm. De toute façon, j’ai quelques soucis avec l’argument d’autorité quel qu’il soit.

Ce que je dis est toujours vrai car je suis le savoir

Mais surtout, quand on confond intelligence et culture, on ne remet pas forcément la parole en question. Ce qui offre un terrain infini pour ceux qui racontent n’importe quoi. Un exemple, j’avais un ancien collègue qui adorait raconter des petits savoirs pas toujours très utiles dans les conversations. Ce qui avait tendance à couper la conversation du genre « ah, vous parlez de ça ? Saviez-vous que [insérez ici une anecdote cheloue] ». Et tout le monde concluait par un « Ah… ». Sauf qu’il y a eu l’histoire de l’horloge de l’apocalypse. Un jour, au café, je parle de ça en expliquant qu’il s’agit d’une horloge conceptuelle qui représente le risque de conflit nucléaire qui pourrait entraîner une apocalypse. Je précise même que lors de la crise des fusées de Cuba, on est arrivé à 23h58 sur l’horloge de l’apocalypse, minuit étant l’heure de l’explosion, en gros. Même qu’Iron Maiden en a fait une chanson. Une collègue arrive sur ces entrefaites et demande de quoi on parle et là, mon collègue lui sort d’un ton docte « c’est l’horloge de l’apocalypse parce que pendant la crise des fusées de Cuba, ils étaient prêts à envoyer les bombes nucléaires mais ont tout arrêté deux minutes avant le lancement ». Ok… Pas du tout. Alors je sais pas s’il n’y avait pas un peu de mansplaining là-dedans aussi mais voilà comment on peut se bâtir une culture avec trois bouts de ficelle. Pour peu que tu reparles de cette histoire à des gens qui n’ont jamais eu connaissance de cette horloge de l’apocalypse, tu passeras pour une personne cultivée… alors que tu as juste dit de la merde. Et ça marche avec n’importe quelle fake new.

2 minutes avant minuit

Bref, tout ça pour dire qu’avant de parler intelligence… faudrait déjà savoir de quoi il s’agit. 

 

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