Ohlala, comme je me la pète avec mon titre ronflant, là. “L’apologie mortifère du vide”, carrément. En ce moment, j’ai envie d’un peu de légèreté donc causons réseaux sociaux. Sans doute parce qu’au vu de l’état du monde, j’ai l’impression que prêcher une parole de gauche revient à pisser dans un violon. On a beau savoir qu’on est du bon côté de l'Histoire et que vos petits-enfants ne comprendront pas comment on a laissé faire l’Extrême-droite, ça reste fatigant. Oui, aujourd’hui, on fait léger mais j’ai pas pu m’empêcher cette petite touche de provoc’. Bref, quand je parle de l’apologie mortifère du vide, de quoi je parle ?

Les réseaux sociaux, le meilleur...
Avant de poursuivre, je suppose que je dois préciser que j’ai une relation amour-haine avec les réseaux sociaux. Amour parce que j’y trouve d’excellentes vannes sur l’actualité. Que j’y vois des gens qui ont la même vision du monde que moi et je me sens moins seule. Des références, aussi. Des livres à lire, militants ou non, des films et séries à voir, des musiques à écouter. Bref, d’élargir mon cercle de connaissances. Et comme je suis une grosse amoureuse des anecdotes de vie, des gens qui micro-bloggent pour raconter des trucs, ça me séduit.
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... comme le pire
De l’autre côté, j’ai été community ou social media manager pendant presque 10 ans et vraiment, j’ai développé un urticaire vis-à-vis de tout ce qui touche à l’influence. Et marque qui essaie de surfer sur une trend mais me fait penser à une personne peu drôle qui essaie de faire une blague. J’ai pas de soucis avec les influenceurs en soi. Chacun sa façon de gagner sa croûte. Par contre, les contenus sponsorisés qui puent le fake, l’enthousiasme forcé, ça me saoule toujours mais d’une force. “Ahlala, cette boisson en poudre, c’est une dinguerie, j’en bois des litres tous les jours. Je me suis niqué les reins mais ça valait carrément le coup”. Alors il est possible que l’influenceur soit vraiment enthousiaste vis-à-vis du produit, je dis pas. Mais ça sonne toujours tellement faux.
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Je ne hurlerai pas avec les loups
Alors je ne suis pas de celles qui tapent sur les influenceurs par principe. Essentiellement parce que la définition est bien floue. Je veux dire si on appelle “influenceur” tout ce qui se rapproche d’un leader d’opinion parce qu’ils ont plus de 10k followers, on va retrouver dedans des Nota Bene, Manon Bril mais aussi des Maeva Ghennam qui promeut le lifting de la chatte ou n’importe quel trouduc mascu genre Andrew Tate. De la même façon, les discours creux sur “gna gna gna les réseau sociaux rendent stupides” ou dépressifs ou ce que vous voulez, je vais passer mon tour. Remplacez “réseaux sociaux” par n’importe quel média des décennies passées et vous verrez que c’est toujours le même discours.
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Quand on sera morts, les bots continueront de tweeter
“Ah oui donc t’es pas là pour hurler avec les loups mais tu veux quand même dire que les réseaux sociaux, c’est l’apologie du vide ?”. Exactement. Mais mon propos n’est pas de dire “y a rien d’intéressant sur les réseaux sociaux, c’est que de l’ego”. Essentiellement parce que je ne suis pas d’accord avec ça. Il y a des contenus très intéressants sur les réseaux. Par contre, il y a deux tendances qui m’épuisent. Parce que la seule chose que j’imagine, c’est que quand les Humains seront morts, des bots créeront des contenus simplets, se likeront et se pomperont les uns les autres. Peu ou prou ce qu’il doit se passer sur Twitter, vous me direz.
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Un recyclage perpétuel des contenus qui buzzent
Première tendance : le vol de contenus. Ca, ça m’énerve depuis des années. A l’époque où je faisais du social listening, j’avais lancé une écoute sur je ne sais plus quelle marque et j’avais eu un énorme pic car le compte Alexotime avait cité une marque pour faire une punchline de fou et ça avait retwitté de fou. Sauf que, vu que j’avais tous les tweets citant la marque, j’avais aussi bien le tweet d’un petit compte qu’Alexotime avait copié/collé. Littéralement copié/collé, pas une virgule de changé. Depuis, on a vu des dizaines et des dizaines de comptes (essayer de) faire le buzz en se pompant ou en postant des captures d’écrans d’autres comptes… Et ça ressort régulièrement. Le pire étant les vieilles pages Facebook qui postent du contenu comme toi, tu vas pisser, et qui postent des captures d’écrans issues de Twitter. Genre Madame Connasse. Je balance. D’ailleurs, dans les comptes de merde, je rajoute tous les comptes “fans de séries” gérés par des bots qui postent des vidéos en boucle et des images IA dégueulasses genre “la famille Geller”, “la famille Bing”... Les boomer traps, aussi. Mais là, sur Threads, y a les comptes bots qui promeuvent des onlyfans qui repostent des posts qui ont eu de l’engagement histoire de gagner en visibilité. Du coup, tu peux te retrouver avec un compte qui va balancer un hot take féministe avant d’enchaîner sur un “unpopular opinion : on devrait supprimer les allocs parce que c’est pas normal de gagner plus sans travailler”. Quoi ?
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Regarde-moi réagir à la vidéo que tu regardes
Mais ce que je ne supporte pas, ce sont les gens qui se filment en réagissant à des vidéos qui ont buzzés par avant. Attention, je ne parle pas de reacts. Surtout de la part de quelqu’un qui a une expertise. Non, je parle de gens qui se contentent de faire des têtes. Genre “Le pire des chats” et tu as une compil de vidéos de chats qui font n’importe quoi, vidéos que tu as vu 40 fois, mais avec la tête mal détourée d’une personne qui rigole ou fronce les sourcils. Il y a des gens qui postent des vidéos d’eux regardant un truc et, par le miracle des algorithmes, ça arrive jusqu’à moi. Et je n’ai pas plus d’estime pour ceux qui font une compil de gens qui font n’importe quoi et s’insèrent entre deux scènes en mode “je regarde à droite, quelqu’un fait nawak, je regarde à gauche et, oh, pareil”. A priori, c’est ce genre de vidéo qui a permis à Tibo in shape de devenir premier Youtubeur de France. Imagine, tu deviens leader en postant des vidéos volées entre lesquelles tu insères un plan de toi hyper étonné, un peu choqué…

Recycler ad nauseum
Et c’est de ça dont je parle. Les contenus se recyclent jusqu’à la nausée. Des gens se construisent une notoriété en piquant des contenus à droite à gauche. Parfois disent des dégueulasseries juste pour récolter likes et comms. Et vraiment, parfois, je me connecte et je me demande si je suis la seule vraie personne entre rediff ad nauseam de vieilles captures, de vieilles vidéos, de vieilles vidéos avec une personne qui fait des têtes dessus, des posts que je lis pour la cinquième fois mais toujours d’un compte différent. Et je parle même pas des comptes Instagram qui ne diffusent que des images ou vidéos IA.
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Alors on coupe ?
Alors vous allez me dire “bah du coup, le plus simple, c’est de plus aller sur les réseaux”. C’est vrai. Mais… on en cause semaine prochaine.
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