Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Une couronne dont je ne veux pas

Publié le 4 Août 2026 par Nina

Visite de Robert à Bordeaux, la suite. Après une réunion tendue qui m’a bien tapé sur les nerfs, je décide d’appliquer le protocole “éviter Robert”. Je grignote ma pizza avec mes alternants puis je m’installe dans un petit bureau éloigné de tous. Je sais être hypocrite quand il le faut mais faut pas pousser l’exercice trop loin. Puis en vrai, je ne peux pas piffrer Robert, il représente absolument tout ce que déteste donc j’ai pas envie de jouer les courtisanes. Mais Robert, lui, en a décidé autrement.

La Cour du Roi

Balancer aux alternants qu'on les embauchera pas en mangeant une pizza

Déjà, pendant le déjeuner, il se pointe dans notre coin et balance à Sam et Vittorio qu’il n’y aura pas de place pour eux en CDI. Charmant. Comme c’est un gros connard, il balance également des dingueries genre “Le directeur commercial m’a dit que l’un d’entre vous était un tire-au-flanc mais je sais plus lequel” ou encore “oui, bah, vous, vos études sont payées par vos parents donc bon…” Mauvaise pioche. Parce que Vittorio, je le découvre à ce moment-là, c’est un rouge. Les joues de la même couleur que son camp politique, il commence à s’énerver “Ah non, c’est pas mes parents qui m’ont payé mes études”. Mais Robert s’en fout. Dans l’univers de Robert, tu es forcément d’accord avec lui, même quand tu ne l’es pas. J’allais l’apprendre à mes dépends.

Une jolie pizza margarita

Le Roi vient me chercher

L’après-midi, alors que je suis tranquillement planquée dans mon petit bureau avec Samira, le voilà qui débarque. “Nina, on peut se voir ?”. Eeeeeet merde. J’ai pas envie de lui parler. Je sais qu’il n’est pas là pour m’engueuler rapport à mes prises de parole du matin mais j’ai pas envie. Franchement, dans la liste des raisons pour laquelle ma “carrière” ne ressemble à rien, y a ce refus de “jouer le jeu” en tête de liste. Parce que oui, Robert est là pour me “rassurer” car je suis super et il veut me garder. Ok mais j’avais rien demandé, moi…

L'appel du Roi

Une heure de pure torture

Je vais pas vous raconter l’heure de discussion passée avec ce monsieur mais ce fut une torture. D’un côté, j’essayais d’être polie et de pas me mettre à dos le mec qui pourrait décider de me virer sur un coup de tête. De l’autre, j’avais quand même du mal à acquiescer à sa complainte du pauvre patron humain et compréhensif qui se fait niquer par les vilains salariés. Alors vraiment, tu pouvais pas trouver pire comme audience, mec. Enfin, si, peut-être Vittorio. En fait, à ce moment-là de l’histoire, j’avais déjà lâché l’affaire et me contentait de hocher la tête en lâchant des “oh” et des “ah”. Parce que discuter avec Robert, c’est juste se buter à un mur.

Se taper la tête contre le mur

Sauver l'honneur de la soldate tombée au combat

Parce que oui, la conversation a commencé par plusieurs minutes sur la nullité de Lina. J’essaie de la défendre tant que faire se peut mais je me heurte vraiment à un mur. Il tord absolument tout ce que je peux dire pour conclure que “tu vois, on est d’accord”. Non, absolument pas ? Vraiment, je disais blanc, certes avec diplomatie et subtilité, il me répondait “oui, tu vois, c’est noir, exactement ce que je disais”. Alors à un moment, tu lâches l’affaire. J’ai essayé de laver l’honneur de Lina comme j’ai pu car je trouvais ses critiques exagérées, et sans doute motivées par un fond raciste. Mais rien à faire. Alors à un moment, tu lâches. Parce que tu ne sauveras pas la tête de ta camarade. Après, aurait-ce été lui rendre service de la faire revenir là-dedans ? Non. Cependant je ne supporte pas l’injustice et là, je ne pouvais lui laisser penser que ce licenciement était justifié. 

Xena la guerrière

Tu veux pas devenir directrice à Paris

Après donc quasi une heure à dire des “mmm”, des “oh” et des “ah” en me détestant de me montrer si servile, la conversation touche enfin à son terme. C'est à cette occasion qu'il a chialé sur le fait qu'il bossait 70h par semaine, lui. Et là, le coup de grâce. “Tu sais, si tu décides de monter à Paris, il y aura une place pour toi”. Je le regarde et lui explique que je venais de quitter la région parisienne après y avoir vécu dix-sept ans. Hors de question de faire marche arrière. Mais voilà, le roi a tranché : de l’équipe marketing, je suis la seule à valoir le coup. A peu près l’inverse de ce qu’il a dit lors de la réunion CSE. Ce qui situe, une nouvelle fois, le niveau d’honnêteté du gars.

Joueur de pipeau

Faut que je me barre

Le voilà enfin qui part et là, je me dis que je vais pas pouvoir rester encore bien longtemps. Et justement, dans ma messagerie LinkedIn, un nouveau mail m’attend… A suivre.

 

Commenter cet article