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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Ce qui tue le vivre ensemble, c’est la perpétuelle méfiance

Publié le 2 Septembre 2025 par Nina

J’ai décidément l’art des titres grandiloquents, dis donc. Mais c’est une vraie réflexion que j’ai. Parce que dès que tu observes les gens dans un contexte sociétal quelconque, tu vois vite une petite tension s’installer. On dirait qu’on est dans la jungle et qu’on n’a pas le choix : bouffer ou être bouffé. Ce qui nous entraîne vers une sorte de paranoïa peu confortable dont je suis moi-même victime et qui nique les possibilités d’un vivre ensemble harmonieux. Une paranoïa qui ne sort pas de nulle part non plus.

La méfiance, tableau

Tu ne passeras pas devant moi

J’ai parlé la semaine dernière de la queue, le début de la fin de la civilisation pour moi. Là où on joue des coudes, on se pousse, on essaie d’imposer sa supériorité en doublant. Je déteste faire la queue parce qu’il faut toujours vérifier que personne ne va tenter de se glisser devant vous. Un stress totalement inutile dont on pourrait tous se passer. Paranoïaque, moi ? Bah oui, c’était précisément le préambule de mon article. Bon, j’exagère un peu cette histoire de queue. Parfois, je ne fais même pas trop attention. Mais je déteste ces moments où je sens que je dois défendre ma position. Parce que oui, j’ai déjà été salement doublée. Genre un mec qui a posé ses affaires sur le tapis alors que j’étais devant lui et a joué la vertu outragée quand le caissier a commencé à bipper ses articles au lieu des miens. Oui, non seulement le mec a tout fait pour me passer devant mais a été indigné que je le souligne.

Faire la queue

Faut toujours écraser les autres

Mais la queue, ce n’est pas si grave. Je veux dire j’ai pu acheter mes articles et si je me souviens de cette histoire, c’est plus parce que j’ai été sidérée du culot du mec que par le préjudice subi. Nos journées sont émaillées de petites incivilités du genre. Celui qui rentre dans le bus avant tout le monde alors qu’il est arrivé en même temps que le véhicule et ignore ceux qui étaient déjà là. Celui qui se gare sur le trottoir parce que “oh, ça va, il en a pour deux minutes”. Des incivilités qui, mises bout à bout, donnent l’impression que la société telle qu’elle est aujourd’hui ne donne plus le choix : c’est manger ou être mangé. 

Hourray you're an asshole

Une pile de désagréments

Mais encore, qu’une personne indélicate vous pousse et prenne le dernier siège, c’est agaçant mais pas grave. Idem pour celui qui ne met pas de casque pour écouter ses vocaux, musique ou vidéo parce que les autres ne comptent pas. Ce n’est certes pas agréable de ne pas être considéré mais à priori, les torts subis sont très faibles. Augmentons d’un cran avec les arnaques. 

Arnaque ordinateur

Entourlouper les braves gens

Je hais les arnaqueurs. Bon, déjà, sur le principe, je n’aime pas trop le concept de profiter de la crédulité des gens… Surtout des gens qui ont relativement peu les moyens. Je veux dire des arnaqueurs qui vendent des copies de tableaux de maître à des mecs ultra riches qui n’y pinent rien, ça me fait un peu sourire. Par contre, les gens qui donnent le peu qu’ils ont en pensant aider pour une bonne cause, là… Il y a certes les brouteurs, les catfishes mais je ne pense même pas forcément à eux. Il y a une catégorie d’arnaqueurs qui mériteraient une énorme latte dans les couilles si on les attrape : ceux qui profitent d’un drame pour se faire du beurre.

Voler les gens en ligne

Donner à un Palestinien ou donner à un escroc ?

Actuellement, par exemple, si vous traînez sur les réseaux sociaux, sur la plupart d’entre eux, vous recevrez des messages de Palestiniens vous demandant de remplir une cagnotte pour les aider. Il est vrai que ce qu’il se passe en Palestine est terrible, on se sent impuissant et forcément, l’envie d’aider comme on peut est forte. Signer des pétitions, ok, mais à un moment, on peut trouver ça un peu léger. Alors forcément, une cagnotte qui peut aider des Palestiniens. Sauf que… c’est pas un peu gros cette histoire ? “Non mais ils ont plus rien là-bas et y a un mec qui zone sur les réseaux sociaux pour demander de l’argent. Moi, je n’y crois pas…” Alors dans les faits, si vous souhaitez donner à Gaza mais que vous avez des doutes sur les cagnottes lancées par des quidams, vous pouvez toujours vous tourner vers l’UNICEF, Médecins sans frontières et plusieurs organismes listés ici. Mais pour en revenir à nos cagnottes un peu “hors circuit”, le dilemme est fort. Parce que peut-être que derrière ce compte Bluesky qui est venu me demander de l’aide, il y a vraiment un Gazaoui désespéré. Je veux dire est-ce que je ne ferais pas pareil en de telles circonstances ? Mais peut-être qu’il y a un arnaqueur. Un mec qui doit certes avoir besoin d’argent aussi mais désolée de ne pas avoir envie de filer ne serait-ce qu’un euro à cette sale combine.

La situation terrible de Gaza

Il faut toujours se méfier d'autrui

Parce qu’on vit dans la perpétuelle méfiance. Peur que quelqu’un nous fasse du tort, petit ou grand. Peur de se faire arnaquer en permanence. Le pire, c’est que quand une personne se fait réellement arnaquer, tout le monde se fout de sa gueule. C’est bien fait pour elle, elle n’avait pas qu’à être si naïve. Souvenez-vous d’Anne et Brad Pitt. Sauf que si Anne y a cru, c’est peut-être parce qu’elle était en état de fragilité, hein. Est-ce qu’on se moque nationalement de tous les chiens de la casse qui vont draguer des bots sur les réseaux sociaux ? Bon… Le souci ne devrait jamais être la victime mais le coupable. Mais bref, on vit dans une société où il faut se méfier de tout le monde en permanence. Quand on a voulu faire des travaux chez nous, mon mec n’arrêtait pas de stresser parce que “tous les entrepreneurs sont des arnaqueurs”. Moi, je trouvais ça abusé surtout que ceux qu’on prenait étaient recommandés par mes parents. On s’est pris la tête quelquefois dessus et à la fin, qui avait raison ? Lui. Notre duo d’entrepreneurs nous prenait vraiment pour des teubés à nous faire la complainte des gros bosseurs qui travaillent dur, qui sont là tôt le matin,  prennent à peine le temps de manger le midi… Enfin, quand on était là. Parce que, comme de par hasard, quand on n’était pas là ou que l’on restait à la maison alors que ce n'était pas prévu, ce n’était pas la même salade. Moralité : il ne faut jamais faire trop confiance. Ca évite d’avoir des travaux qui se terminent en avril alors qu’on espérait aménager dans un appart fini en décembre. Je vous jure que trois mois à se doucher dans une baignoire abandonnée au milieu d’une salle de bain défoncée, c’est pas une expérience très agréable.

Salle de bain en travaux

Et si on ne voyait les arnaqueurs que comme la minorité qu'ils sont

Sauf que comment faire société quand on doit considérer que l’autre est un rival ? Une personne mal intentionnée qui veut m’arnaquer ? Et que, malheureusement, la vie nous a donné des raisons de penser ça ? Pourtant, si on raisonne sans passion, on peut tous admettre que les arnaqueurs, les resquilleurs de queue, ceux qui ne considèrent pas les autres… ne sont qu’une minorité. Je dirais même que si j’ai retenu le gars qui me l’a fait à l’envers à la caisse, c’est parce que ça ne m’arrive pas si souvent. La plupart du temps, je reste un peu vigilante si je sens quelqu’un me coller un peu mais il ne se passe rien. Finalement, ma paranoïa sociétale est-elle si justifiée que ça ? Ou alors, retournons le problème : peut-on considérer les arnaques, les entorses au vivre ensemble comme des accidents ? La plupart des accidents sont évitables, certes. Surtout quand ils ont déjà eu lieu et qu'on réécrit l’histoire. Mais ils gardent un caractère exceptionnel.

Paranoia dans la rue

Faudrait changer la matrice

Donc oui, on peut se faire avoir parce que tout le monde n'est pas honnête. Même en faisant attention. Mais cette paranoïa perpétuelle, c'est encore une excellente façon de nous diviser. Si on ne se soude pas entre nous, on ne va jamais arriver à progresser. 


 

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