Et pourtant, j’y retourne (quasi) chaque année en espérant vivre quelque chose qui n’arrivera pas. En cette journée de festivité, d’éclatage de bidou et d’ouverture de paquets cadeaux, du moins pour la plupart d’entre vous, parlons un peu de la magie de Nowel. Je dis "la plupart d’entre vous" parce que pour moi, les festivités sont prévues demain. Je fête toujours Noël même si je pense que dès que ma nièce la plus jeune ne croira plus au Père Noël, on fera évoluer la formule. Un cadeau par enfant, plus rien pour les adultes, bisous. Bref, la magie de Noël, est-ce que ça existe ? Et est-ce qu’on la trouve au marché de Noël ?
Une année bien éprouvante
Mes réponses seront : “peut-être” et “certainement pas”. 2025 fut une année compliquée. Un début d’année sous forme de crise de foi. Foi en moi, en mes compétences. L’impasse pro. Période couronnée par un licenciement (enfin rupture conventionnelle) un peu crasse et, surtout, la mort de mon chat adoré. Autant vous dire qu’à un moment, j’étais à ramasser à la petite cuillère. Et puis j’ai entamé une formation qui me fait un bien fou. J’aimerais que ça dure toute la vie. Par contre, je vais pas avoir les moyens de payer pour ça jusqu'à la retraite. Damn, que ne suis-je une rentière ? Bref, 2025 pourri, je termine l’année un peu fatiguée, à la recherche de réconfort.
/image%2F3152837%2F20251222%2Fob_a23fb9_plaid-impermeable.jpg)
Comme une envie de Noël
Et il semble que cette année, réconfort rime avec vin chaud et loupiotes clignotantes pour moi. J’avais envie de l’esprit de Noël. Quelque chose de doux et de lumineux, donc. Sans doute parce qu’il fait nuit tout le temps et que ça me tape vite sur les nerfs. Pour vous dire à quel point j’ai besoin de douceur, j'ai instauré le goûter chocolat chaud. J’avais envie de jolies décorations, de chaleur bienveillantes. Mon mec et moi avons à faire au centre de Bordeaux, je lui propose une virée au marché de Noël. Et pfff.
/image%2F3152837%2F20251222%2Fob_bfb2fc_vin-chaud.jpg)
Un marché de Noël qui n'a rien à voir avec Noël
Déjà, point un : la boue. Pour la deuxième année consécutive, le marché de Noël se tient aux Quinconces. Avantage, c'est plus spacieux. Inconvénient : ça paraît plus vide et y a un petit aspect gadoue. En prime, on remarque vite que les trois tables pour manger sont prises d'assaut et les autres chalets sont un peu désertés. Et puis, j'oublie à chaque fois mais… où est le rapport avec Noël ? Un seul stand dédié aux décorations de Noël et encore, y a trois boules qui se battent en duel. De la bouffe en veux-tu en voilà. Bon, y a de quoi acheter des paniers garnis pour toute la famille, ok, mais… rien de tout ça ne fait vraiment Noël. Je veux dire , à part un stand ou deux de petits artisans comme une dame qui vendait des bouquets de fleurs séchées y a trois ans ou celle qui vendait des kirigamis cette année, y a une ambiance dropshipping assez blasante. Genre les puzzles 3D en bois découpé, “exclusivité”. Ah mais c’est marrant parce que tes puzzles, je les ai vus sur Insta dans trois boutiques différentes… Mmm… Bon, ok, on a acheté un néon chat pour le salon mais voilà, quoi.
/image%2F3152837%2F20251222%2Fob_c8b6e4_chat-neon.jpg)
La vie est moins bien que ce que j'imagine
En fait, il y a un décalage entre ce que je fantasme et la réalité. Comme souvent, oui. Quand je pense marché de Noël, j'imagine des loupiotes dorées, de l’artisanat, l’odeur de cannelle et de vin chaud. J'imagine des dioramas de Noël et des boîtes à musique. Du bois, des petites figurines. Du rouge, du blanc, de la neige. J'ai un souvenir ému et sans doute un peu faussé du marché de Noël de Bruxelles qui ressemblait à ce que je voulais d’un marché de Noël. Noël, c’est censé être beau avant tout. Au-delà de toute croyance. Ce sont les jours les plus courts et on contre ça à coup de lumières. Bougies et/ou guirlandes, tout est permis. On cherche la chaleur. Celle d’une boisson chaude, d'un feu. De la famille ou de la foi, même, si ça vous fait du bien. Au début de l’hiver, il fait trop moche pour se chamailler sur la définition de ce qui fait du bien.
N'attends rien des autres
Sans doute que la morale de l’histoire, ici, est double. D’abord, la vie est rarement aussi cool que mon imagination, certes. Cependant, il y a moyen de trouver cette petite magie, de Noël ou autre parce que Noël n'est pas tant le sujet. Le sujet, c'est la douceur et la lumière scintillante. Adopter des petits rituels d'hiver qui font du bien. Sans attendre quoi que ce soit de qui que ce soit.
/image%2F3152837%2F20251222%2Fob_d1155c_bordeaux-deco.jpg)
Le capitalisme, c'est nul
Et l’autre morale ? C'est sans doute que le capitalisme salit tout. Noël, c'est cool quand tu es enfant. Parce que les vacances, parce que les décorations, parce que le dernier Disney au ciné. Et les cadeaux, oui. Adulte, tout ça devient presque une corvée. Choper les listes de tout le monde pour passer commande en vitesse lors du Black Friday. Jouer le Noël performatif sur les réseaux sociaux. C’est moi qui ai le sapin le plus beau, les plats les plus appétissants, la plus belle robe de Noël, le pied de sapin le plus garni de cadeaux. Et tout ce dropshipping qui envahit nos chalets de Noël.
/image%2F3152837%2F20251222%2Fob_876a41_sapin-bordeauw.jpg)
Je veux ma pause avec loupiotes
J'ai conscience que j’ai la nostalgie d’un passé qui n’a pas existé. Mes sapins d'enfance n'étaient sans doute pas si beaux que dans mon souvenir. Les décorations des villes sont toujours un peu décevantes. J’ai toujours attendu Noël comme une pause. Une respiration entre deux années. Sauf que ce sont les vacances les plus fatigantes la plupart du temps. Courir partout, trop de bouffe, les enfants surexcités… La vérité, c'est que ce n'est pas Noël que l’on aime mais l'idée que l’on s’en fait. Et les petites loupiotes, les boules à paillettes. Mais finalement, pourquoi attendre Noël pour en profiter ?
/image%2F3152837%2F20190204%2Fob_ad11cf_47577290-3024596930899702-839504220890.png)