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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

ll faut refaire l’éducation amoureuse

Publié le 4 Août 2022 par Nina in Féminisme, Education amoureuse, relation hommes-femmes

J’ai envie de lancer une petite série d’articles que je remplirai au fur et à mesure que les sujets me viendront. Récemment, j’ai lu le livre de Mona Chollet sur le couple hétérosexuel “Réinventer l’amour”. Un livre qui a été défoncé par une partie des féministes sans que je comprenne bien pourquoi. Et j’ai envie, moi aussi, de me pencher un peu sur la question. Pas tant pour questionner mon couple mais plus pour aider mes nièces ou vos filles à éviter certains pièges de “l’amour”, si d’aventures elles se révélaient hétérosexuelles. Car oui, faire une certaine éducation amoureuse va peut-être aider la génération qui arrive à bousculer le patriarcat. 

Des jeunes filles heureuses

Le système façonne les couples hétéros

Alors avant de poursuivre, je désamorce un point de suite. “Gna gna gna, tu parles des couples hétérosexuels mais y a aussi des couples homos toxiques”. Très certainement Billy mais il faut séparer les cas particuliers, qui relèvent plus de la psychologie ou du psychiatrique, de ce qu’un système encourage. Le couple homo est une construction assez récente d’un point de vue médiatique. Il a toujours existé, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais dans notre culture, il n’est représenté que depuis peu et souvent mal. Je ne suis pas une spécialiste du sujet mais il me semble que les premiers couples homosexuels proposés dans les fictions reprenaient les stéréotypes masculins et féminins des couples hétéros avec lae dominant.e et lae soumis.e. Le premier ayant des caractéristiques plus masculines et le second plus féminines. Le couple hétéro, lui, est plus soumis aux diktats d’un système. Le couple hétérosexuel monogame étant censé être la norme, la société va se régaler à distribuer les rôles. Et donner plus de pouvoir à l’Homme. Le couple hétérosexuel est donc façonné par le système, ce qui n’est pas (encore ?) le cas des couples homos.

Bob & Lee dans Desperate Housewives

Le couple hétéro n'est pas à l'avantage de la femme

Le souci majeur du couple hétérosexuel, c’est qu’il n’est clairement pas à l’avantage de la femme. Y a du progrès, certes. Mais un progrès assez récent. Imaginez, il a fallu attendre 1965 pour que les femmes puissent avoir leur propre compte bancaire et le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari. Il faudra attendre 2002 pour voir le congé paternité promulgué. Y a tout juste 20 ans… et on voit bien qu’on n’en est pas sortis de cette merde. La femme est une victime économique du patriarcat. Ce sera toujours à elle de mettre sa carrière entre parenthèse pour s’occuper des enfants, celle qui ne pourra pas participer aux soirées beuveries car elle doit gérer la marmaille pourtant faite à deux. Elle qui mettra sa carrière entre parenthèses lors de l’accouchement alors que son mari ne prendra pas tout son congé paternité parce que “bof”. En conséquence les salaires féminins sont moins élevés. Et arrêtez de nous pipoter sur “nan, c’est pas vrai”. Dans la mesure où les femmes arrivent très peu aux postes de direction, elles gagnent moins bien leur vie. C’est un fait. Et ce n’est pas une question de compétence. Perso, si je me réfère au Principe de Peter, les incompétents haut-placés sont surtout des mecs, hein. Et je ne vais pas pérorer 150 ans sur les mères solos abandonnées par leur ex qui ne paie pas la pension. Ou ces histoires qui commencent à pulluler de femmes dans la fleur de l’âge qui n’ont que peu ou pas bossé parce que leur mari leur avait promis de les entretenir et qui les quittent pour une jeunette, les laissant sans rien. Car oui, les femmes font un travail domestique gratuit.

La charge mental toujours portée par les femmes

Mais les lignes bougent un tout petit peu. Un tout petit petit peu. Déjà la charge mentale qui suppurait dans mon précédent paragraphe. Le terme est connu, de plus en plus utilisé y compris dans une presse féminine peu engagée. C’est abordé dans de nombreux médias, souvent sous le prisme de l’humour. Ahah, ces papas qui ne pensent jamais à rien parce que c’est pas leur tâche. Ceux qui ne connaissent même pas la date de naissance de leur enfant. Vous imaginez un peu ? “Ah, oui, y a un jour où ma femme a eu le corps déchiré par un foetus sortant d’elle et où je suis devenu papa mais je me souviens plus du jour exact”. A ce niveau de démission, ça mériterait une procédure pour abandon de poste.  Les témoignages des pères qui amènent un gamin chez le médecin sans trop savoir pourquoi “c’est ma femme qui m’a dit”, qui sont incapables de savoir quel vaccin ont leur gamin, s’ils ont des allergies… Mais après, ça vient chialer sur les plateaux télé qu’on les empêche de voir leur gosse. En omettant de dire que s’il voit plus son gosse, c’est qu’il l'a un peu kidnappé à deux reprises. Les juges ne privent jamais un enfant d’un parent sans raison, vous savez. Et des fois, même quand y a une bonne raison, ils ne le font pas

15 août, comédie française avec des papas dépassés

Les médias mettent en scène les femmes dans leur rôle de maman

Le souci, c’est que trois tweets et deux BD rigolotes ou non ne sont rien par rapport à la doxa médiatique. Les petits reportages innocents sur la rentrée des classes où on voit la maman avec une liste longue comme mon bras essayer de gérer ses marmots qui veulent à tout prix l’agenda Lolirock qui coûte un bras alors qu’avec l’inflation, c’est pas trop le moment de jeter l’argent par les fenêtres. Tous ces reportages insignifiants où on voit des mamans amener leurs enfants à la crèche ou à l’école, faire la cuisine, gérer les activités extrascolaires des enfants. Faites le test. A la rentrée, allez vous inscrire aux activités proposées par votre mairie. Selon votre localisation, il risque d’y avoir une queue démentielle et… vous aurez à vue de nez 70% de mamans seules, 28% de couples. Et éventuellement 2% de papas perdus. Je suis très généreuse sur ce 2%. Le père, c’est pas son taf de gérer toute l’intendance, vous comprenez… Pire : quand un père participe aux tâches ménagères, il est érigé comme un modèle. Quand lui fait ce que l’on attend d’une femme, il a droit à une pluie d’articles, de portraits. Limite si on lui remet pas une médaille. Alors qu’une femme qui se loupe sur une de ces tâches, on lui envoie limite la DDASS…

Père au foyer

Une femme doit avoir un homme, parait-il

Il faut refaire notre éducation amoureuse, point. Déjà, commencer par changer radicalement l’histoire. On force les jeunes filles à rêver d’amour. Toutes les fictions qui leur sont dédiées parlent de ça dès qu’on dépasse un certain âge. Même les romans de young literature avec des meufs ultra badass, l’héroïne doit tomber amoureuse. Alors oui, la romance, c’est joli. On peut même raconter une romance où le mec n’est pas un effroyable connard toxique “qu’il faut sauver de lui-même, quitte à s’en prendre plein la gueule”. Mais une femme peut être heureuse sans romance dans sa vie. Pire : en hétérosexualité, la mise en couple d’une femme à un coût. Financier, déjà, j’en ai parlé plus haut mais émotionnel, aussi. Et les hommes le savent et l’exploitent. Attendez, on met dans leur pattes des créatures qui ont appris à se détester à coups d’articles qui leur expliquent que personne ne voudra d’elles avec leur poils et leurs capitons. Trop facile de les soumettre, de leur faire avaler qu’on sort avec elles par pure charité et que personne ne voudra d’elles… 

Dysmorphophobie

On va repérer les red flags

Alors on va s’atteler à démonter tout ça. Je ne suis pas de celles qui estiment qu’il faille à tout prix sortir de l’hétérosexualité pour être heureuse. Déjà parce que moi-même, je l’ai pas fait donc aucun sens que j’aille sur cette voie-là. Cependant, être attentive à certains red flags, ne jamais se noyer dans son couple, être prudente, etc. Là, oui, y a matière à faire une éducation amoureuse. Et n’ayez pas peur messieurs : si vous n’êtes pas des ordures manipulatrices, tout le monde va y gagner.