Un jeudi matin. Je suis en télétravail quand je reçois un message slack de la part de Fabrice, me demandant s’il peut m’appeler. Etant quelqu’un de plutôt malchanceux au niveau pro, et étant toujours en période d’essai, mon coeur manque un battement. Mais quoi ? Comment ? Je veux dire, je fais du bon travail. Nina est super contente de ce que je fais. Bruno, le mec venu de Paris pour nous surveiller, m’apprécie suffisamment pour me faire une place dans son taxi. Non, non, ça ne doit pas être une mauvaise nouvelle.
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"On va te prêter à une autre boîte"
En l’état, ça ne l’est pas. Plutôt une nouvelle surprenante.
“Oui, Nina, nous avons été contacté par la société TechNet qui a besoin d’un profil comme le tien en renfort donc nous allons te prêter quelques temps. Il faut juste voir avec eux combien de temps ça va te prendre. Ca te convient ?
- Je ne sais pas, il faut voir avec Nina. Mais je ne comprends pas, TechNet, c’est pas genre notre concurrent numéro un ?
- Oui mais non mais on se prête des ressources.”
A ce moment précis, je ne comprends rien. Mais je n’aime pas bien ce qu’il se passe. Parce que TechNet, je connaissais.
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Une boîte qui ne me fait pas rêver du tout
Pas en tant que salariée, non. Quand je suis arrivée chez Calypso, j’entendais régulièrement parler de TechNet. Le challenger number one, la Nemesis de Lila. Or je les connaissais car, plot twist, ils avaient géré la migration du site quand j’étais chez Epicea. Ca ne s’était pas très bien passé mais surtout, je me souviens du chef de projet, Guillaume, qui avait choisi de quitter TechNet pour Epicea alors qu’il savait que c’était pas du tout le paradis. Je n’avais donc pas une image très positive de cette boîte. Je veux dire considérer que rejoindre Epicea, c’est mieux que de rester là où on était, c’est…
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Et le plot twist des enfers
Bref, Fabrice appelle Nina, on organise vite fait les choses et je dois faire un point avec le PDG de Technet et la responsable marketing chez eux. Ok. A peine Fabrice a-t-il raccroché que Nina me rappelle. “Bon, Nina, ce que je te dis, ça reste strictement entre nous, tu me jures que tu ne le répètes pas. On va être rachetés par TechNet.” Dieu du ciel. Ca explique pourquoi Fabrice avait insisté sur “cette mission, ça reste entre nous trois, hein”. Ce que j’avais interprété par “Ne le dis surtout pas à Bruno”. Donc j’avais pressenti qu’il y avait couille dans le potage. Je remets alors un événement mineur qui avait eu lieu quelques semaines plus tôt. Un midi, alors que l’équipe était partie chercher à manger, Nina avait déboulé dans l’open space, perturbée. Je lui avais proposé d’aller faire un tour si elle avait besoin de parler mais elle avait décliné. “Tu sauras de quoi il s’agit dans quelques temps.” Tadam ! Et encore que là, je n’avais pas l’histoire en entier.
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Tiens, va bosser avec la fille du boss
Alors que je me remets à peine du choc car, rappelez-vous, j’avais pas une super image de la boîte dès le départ, me voici embarquée dans une visio avec Robert. LE Robert, oui. Ca se taquine un peu avec Fabrice, je sors mon sourire poli, quand j’entends “oui, du coup, ma fille Aurélie a besoin d’un coup de main sur ses clients”. Quoi ? Tu veux dire qu’en plus d’apprendre que je suis rachetée par une boîte à la réput’ pas géniale, je découvre que je vais devoir bosser directement pour la fille du patron ? Oh, le nepotisme, on aime ça. Toujours le signe d’une boîte saine, ça. Et j’enchaîne donc avec la jeune femme. Moins de 30 ans, ne parle pas très bien vu qu’elle traite tout le monde de con et m’annonce que je vais faire du community management. Le job que je ne voulais plus faire et dont j’ai essayé de m’échapper des années plus tôt. Avec succès, en plus.

Pourquoi ça me tombe toujours dessus ?
Donc : je trouve une boîte où tous les feux semblaient au vert mais plot twist : on va être rachetés. Par une boîte qui n’est pas très bien vue, qui pratique le népotisme. Et je vais devoir faire un métier que je déteste par-dessus tout. Pourquoi moi ? Pourquoi encore ? Et là, aucune histoire de “j’ai ignoré les red flags” ou quoi. Au moment où j’ai signé mon contrat, Fabrice et Robert ne s’étaient pas encore rencontrés. Je suis… dégoûtée, dépitée. Mais là, je n’avais pas idée de l’enfer qui m’attendait.
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