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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Faut-il flatter l’instinct de vaincre pour faire bouger les lignes ?

Publié le 12 Août 2025 par Nina

J’ai une intuition. Un peu floue, mal définie, d’où un vocabulaire qui ne sera pas forcément le plus adapté mais peu importe. J’ai envie de partager une pure réflexion avec vous. Une réflexion à la Pascal Praud : je jette des mots en l’air et je vois si, à la fin, ça donne un truc cohérent. Sauf que bon, à la différence de Pascal, j’ai quelques outils de réflexion et puis, moi, je suis de gauche. Donc ma conclusion ne sera pas : “en fait, le problème, c’est l’immigration et les wokes”. Donc cet instinct de vaincre dont je parle, qu’est-ce que c’est ?

Les électeurs de Trump

Les hourras des gens médiocres

Étant dans une période de vie peu joyeuse, je suis assez peu l’actualité. Cependant, il y a comme une ritournelle que j’entends, outre Atlantique, celle des hourras de joie des vainqueurs. Ceux des plutôt médiocres, des gens qui devraient être des accidents de l’histoire. Oui, je vais pas faire semblant de mettre sur un même niveau toutes les opinions quand certaines vont à l'encontre de l’histoire, de la science, et de ce qui devrait être les valeurs humaines. C'est fou tous ces gens qui se prétendent chrétiens et qui auraient lapidé Jésus en son temps car trop woke. Aimez-vous les uns, les autres, mais que les Blancs cis-hétéros chrétiens, merci. 

Jesus prend cher

Se venger d'oppressions imaginaires

Mais ces gens-là, ils sont contents car ils ont gagné. Ils ont le pouvoir. Lire pouvoir en exagérant le mot pouvoir. Ils sont dans le camp des winners et ils vont se venger des wokes, des racisés, des drapeaux arc-en-ciel des LGBT. Des grognasses féministes qui veulent pas coucher avec eux. Se venger de quoi, je ne sais pas. Je veux dire concrètement, le patriarcat se portait déjà bien avant la réélection de Trump, hein. C’est pas Une petite sirène noire et un peu d’inclusivité dans les fictions Netflix qui remettaient radicalement en cause leur domination sociétale. Mais malgré tout, ils ont la sensation que “c’est leur tour”. Qu’ils vont reprendre la main.

Ron de Santis et le Stop woke act

Le capitalisme a besoin de vous faire peur

J’ai pas une très bonne nouvelle pour vous les gars : beaucoup d’entre vous sont toujours du mauvais côté de la barrière. Parce que le capitalisme a besoin de menaces et de losers. Aujourd’hui, la menace qu’adore nous brandir le capitalisme, c’est la "submersion migratoire". J'insiste sur les guillemets. Ahlala, tous ces immigrés qui viennent nous voler nos allocs et nos emplois. Des emplois que personne ne voulait, ok, mais quand même… Donc on va avoir le menace de l’immigration, la menace du communisme, la menace des gens qui veulent une civilisation où vous n’êtes pas le mieux placé. Genre ceux qui trouvent que les LGBTQIA+, les femmes, les racisés, les handicapés… devraient avoir le même droit de tous. C’est marrant comme j’ai l’impression que pour certains, la plus grande peur, c’est de perdre leur avantage naturel à la grande course de la vie.

Les hommens, l'exact contraire de la virilité

Le grand jeu de la vie ou les dés sont pipés

Mais surtout, le capitalisme a besoin des pauvres. Parce que si tu n’as pas peur du déclassement, tu vas vite réaliser à quel point le système est absurde et te rebeller un peu. Parfois, quand je sors du train de la société pour observer un peu, je suis sidérée par cette course stupide vers le sommet. Stupide car elle est truquée. Sauf que seuls ceux qui sont censés gagner sont au courant que les dés sont pipés. Du coup, tous les autres courent, escaladent, pensant que s’ils jouent le jeu, s’ils font des efforts, eux aussi arriveront au sommet. Alors que déjà, au sommet, y a pas tant de place. Mais le pire, c’est qu’ils reprochent à ceux qui ne feraient pas tant d’efforts de ne pas participer à la course avec le même investissement. Le peuple uni dans le burn-out !

La déprime dans le métro

De bons petits soldats

Or, quand on regarde l’électorat de Trump, il a fait un carton plein parmi les populations pauvres. Alors j’imagine sans mal la logique. J’arrête pas de parler des monstres que l’on secoue sous le nez des gens pour les effrayer parce que ça offre une lecture de la société avec une happy end. Les monstres, ça se combat. Les soldats courageux sont récompensés. Sauf que, d’abord, le danger n’est pas celui que l’on prétend et 2, les soldats en bas de l’échelle ont tendance à mourir. Je sais pas si vous vous souvenez lors de la guerre en Irak, celle de Bush, on avait un scandale parce que des soldats étaient morts. Mais vous avez cru que la guerre, c’était un jeu où à la fin, on se tape dans la main ? Evidemment qu’il y a des morts lors de guerre et devinez quoi, c’est rarement le général qui donne les ordres. Lui, il reste tranquille dans son QG. 

La guerre en Irak

Gagner grâce aux fragiles

Trump a gagné parce qu’il a flatté l’instinct de vaincre de ces gens-là. Alors qu’ils se sentaient opprimés par des cheveux bleus, des personnes qui ne mangent pas de viande ou une chanteuse proprette, on leur promet que tout ça, c’est terminé. On va rebouffer de la barbaque et remettre les gens à leur juste place ! Les femmes à la cuisine en fermant bien leur gueule, les gens de couleur chez eux et les LGBTQIA+... Dans le placard, je suppose. Ca peut paraître exagéré mais quand on atteint le point où le vice-Président des Etats-Unis, le mec qui récupère le pouvoir si le vieil obèse de Trump crève, partage une vidéo contre le droit de vote des femmes, franchement… Ca fout la trouille.

Donald Trump et JD Vance vs Zelenski

Ceux qui pensaient gagner vont vite déchanter

Ca fout la trouille parce qu’aujourd’hui, ceux qui devraient avoir honte d’ouvrir leur gueule ont gagné. Ou ont le sentiment de gagner parce qu’il y a des idiots utiles de Trump qui ont vu ce que ça pouvait coûter de voter pour un facho. Les “ah mais non, ma femme péruvienne doit quitter le pays, je croyais que c’était que pour les autres”. Bah non, Robert. Dans l’esprit de ces gens là, un bon immigré, c’est celui qui ne reste pas. C’est comme les pauvres qui ont cru qu’en votant Trump, ils allaient remonter dans la chaîne alimentaire. Et non, Billy. Non seulement parce que ton Président fait n’importe quoi mais surtout parce que le capitalisme a besoin de toi, pauvre, pour servir d’épouvantail aux autres. Ah, vous ne voulez pas finir comme Billy à manger une fois par semaine ? Et bien ne vous rebellez pas trop, soyez docile. Sinon…

La pauvreté aux Etats-Unis

Ceux qui n'auraient pas dû gagner ont le pouvoir et on va tous crever

Bref, autant j’ai assez peu d’estime pour Trump et son clan, euphémisme, autant cette stratégie de flatter l’instinct de vaincre me fait peur. Parce qu’on a peu ou prou les mêmes personnes en France qui seraient prêts à voter pour le premier mec, je genre exprès au masculin, qui leur promettra de récupérer un peu de pouvoir. Qui rendra hors la loi les wokes, les féministes et tout autres activistes. Ca leur coûtera à eux-même très chers mais ils s’en foutent. Ils croiront quand même avoir gagné. Genre ils en sont à célébrer une meuf jolie qui fait une pub craignos pour des jeans. La même meuf qui jouait dans une série dont l’un des personnages principaux était joué par une actrice trans. La même meuf qui ne leur donnerait certainement pas l’heure si elle les croisait. Mais hé, elle est trop bonne et les féministes aux cheveux bleus sont trop jalouses. Alors que bon, perso, en tant que féministe, je trouve Sidney Sweeney bien jolie, je l’aimais bien dans Euphoria et… bah, c’est tout. Potentiellement, je sature un peu de la voir partout mais je suis pas jalouse, non. Et vu qu'à priori, elle est MAGA, je prendrai soin de pas aller voir ses films qui, de toute façon, ne me tentaient pas. Bref, l’un des pays le plus puissant du monde est conduit par un fou furieux sous les hourras de la plupart de ses passagers. On a beau savoir qu’on est du bon côté de l’Histoire, que restera-t-il du monde quand le mâle blanc américain, outragé que des gens différents de lui osent respirer, arrêtera de voter contre ses propres intérêts ?

Des électeurs de Trump

Du coup, arrêtons de nous flageller ?

Bref, je me demande s’il n’y a pas, ici, une stratégie à penser. Parce qu’à gauche, on aime quand même assez se flageller et… mais en voilà un bon sujet à creuser. 


 

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