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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Tout le monde aime Florent

Publié le 22 Novembre 2022 par Nina in Le travail est une humiliation, Mentir au travail, Une question de semaine

Deuxième jour dans ma nouvelle boîte des enfers. Je crois que j’ai jamais eu autant de mal à me motiver pour un deuxième jour. Car c’est le jour où je vais faire la connaissance avec mon équipe et que je vais leur mentir. Super, le mensonge, c’est un truc que je maîtrise à balle… Ahah. Non, je ne mens pas très bien et en plus, j’ai horreur de ça. C’est trop d’énergie mal investie. Je débarque donc dans l’open space dans mes petits souliers avec une vague envie de me barrer en courant. Claire me présente l’équipe à l’exception d’Amélie, la directrice artistique en vacances, et Florent. Le mec qui ne sait pas encore qu’il va partir. 

Quand tu te fais licencier

S'il le faut, c'est un connard

Pour mon deuxième jour, Claire qui doit sentir que je ne sais pas trop comment me comporter. Elle suggère à Aurélia de me montrer comment marche le site, comment on fait des mises à jour de fiches produits, etc. Aurélia, c’est l’alternante de Florent qui est en fin d’apprentissage. Quand j’ai reçu le coup de fil massue du père Gamblois, je me suis réfugiée dans le déni. Que faire d’autre ? Je me suis dit “non mais attends, s’il le faut, le Florent, c’est un gros connard et tout le monde sera bien content qu’il dégage”. Ca n’excuse en rien les conditions dégueulasses de mon arrivée et de son départ mais je dois tenir pour Bordeaux. Laissez-moi me raconter des fables. 

C'est le déni

Un mélange des tâches

Je vais donc m’enfermer avec Aurélia dans un bureau de directeur pas là. Ah oui, évidemment, il n’y a qu’une salle de réunion donc pour se faire des points, soit on squatte les bureaux des directeurices absents, soit on se fait ça en plein open space. Open space aux travées étroites vu qu’on case plein de gens dans un petit espace. Je rappelle que ça se passe en septembre 2020, à l’époque où le Covid avait encore une existence médiatique. Bref, Aurélia me raconte un peu sa routine travail. Le lundi, rapport de performances et le reste de la semaine, remises à jour de fiches produits, publications d’articles de blog, vérification des avis en ligne… Alors y a des tâches, j’ai pas compris ce que ça faisait côté traffic, notamment la publication des articles de blog ou le SAV sur les avis de site mais bon. Alors qu’elle me raconte tout ça, elle me parle de Florent “le meilleur des chefs”. Je vais crever.

Envie de pleurer

 

Je fais genre

Car oui, je découvre très rapidement que tout le monde aime Florent. Sauf Claire qui trouve qu’il ne fout rien et n’est guère volontaire. Au début, je partage un peu son avis, étonnée par ce que Florent ne traite pas ou n’investigue pas. Mais j’allais très vite découvrir le pourquoi du comment. Et adopter environ la même attitude. Les quinze premiers jours, ça se passe donc sans Florent, en congés. Je mens allègrement à toute l’équipe, expliquant que je suis là pour “comprendre comment fonctionne l’équipe et apporter des solutions”. Et aider à la refonte du site, point sur lequel je me suis pas mal investie, effectivement. Le souci c’est que je réalise très vite que “les problèmes”, c’est la direction. L’équipe produits est terrorisée par Mme Gamblois. Toute l’équipe fait plus ou moins front contre Claire qui s’accroche donc à moi comme dernière planche avant naufrage. Le nouvel alternant de Florent, Paul, arrive. Mon futur alternant, donc. 

Quand le travail vous ennuie

Merde, c'est vrai qu'il est sympa

Arrive donc le jour du retour de Florent. J’ai un peu mal au ventre en y allant. Il fait moche, il pleut, un temps parfait pour une journée “allons à l’abattoir”. Je rentre dans l’ascenseur et appuie sur mon étage. Alors que les portes se referment, un parapluie se glisse dans la porte et un gars entre. “Ah tiens, on va au même étage”. Ok, super… Mais attends. Non… Non… C’est pas possible. Ca ne peut pas être ça. Hé oui, alors que je me préparais à rencontrer Florent, on partage direct le même ascenseur. Je sais pas comment j’ai capté que c’était lui mais je l’ai su. Je l’observe un peu à la dérobée et… merde, c’est vrai qu’il a l’air sympa. Je me sens horrible. Ok, je ne suis pas responsable de la situation, même si certains souligneront que je l’ai acceptée. 

Dans l'ascenseur

La gêne, la gêne

On se retrouve dans le même open space donc plus aucun suspense “ah, oui, tu dois être Nina !”. Ahahah, je vais mourir. Je rebaragouine mon mensonge de régler les problèmes, bla bla bla, et pars faire des copier-coller ou du recettage. Heureusement, le midi, Florent a tendance à fuir la cantine alors que j’y vais systématiquement. Ca me permet de mettre un peu la pédale douce sur ma grande représentation de “ahah, je te pique ton boulot mais promis, je suis pas là pour ça à la base”. Quelle merde. 

Razzie awards

Et là, c'était la meilleure période

Et vous savez le pire ? Cette primo-période était, in fine, la meilleure de toute mon expérience là-bas. Parce que c’est le seul moment où il y a eu des moments d’équipe, notamment avec le dej à la cantine. Mais très vite, trop vite, j’allais me frotter au mépris de Gamblois pour ses salariés. Car fin octobre 20 arrivait… le deuxième confinement. Tudum !

 

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