Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Persister dans sa conviction : la théorie de l’engagement

Publié le 3 Décembre 2020 par Nina in intelligence, débattre, théorie de l'engagement

Ahlala, débat, moi, intelligent, les autres cons. Oui, je poursuis ma série un peu instinctive sur l’intelligence et y a un phénomène dont on va parler aujourd’hui et et qui explique pas mal d’incohérences dans les débats : la théorie de l’engagement ! C’est pas la réponse à tout mais parfois, ça explique certains entêtements.

L'entêtement au-delà du raisonnable

Quand on va trop loin pour admettre ses torts

La théorie de l’engagement, c’est quoi ? L’exemple type, c’est quand on attend le bus, qu’à un moment, on réalise qu’on aurait eu plus vite fait à pied mais on continue d’attendre parce qu’on refuse d’admettre qu’on a attendu pour rien. Dans les débats et opinions diverses, ça se traduit par un entêtement au-delà du raisonnable. Alors évidemment, tout dépend de l’intensité de votre implication jusqu’à présent. Par exemple, la première fois que j’ai entendu parler de chloroquine sur le coronavirus, j’y ai vu une lueur d’espoir et j’ai commencé à en parler en privé. Pas en mode “ouah, trop bien” mais bien “tiens, y a ça, j’arrive pas à savoir ce que ça vaut mais j’aimerais que ce soit vrai”. Du coup, quand on a eu le Raoult show, j’ai compris que mes espoirs avaient été peu judicieusement placés et j’ai lâché l’affaire. Mais si j’avais écrit des articles dessus, voire fait des vidéos, je suis pas sûre que j’aurais reconnu le charlatanisme aussi rapidement. 

L'hydrochloroquine

Des fois, on se trompe de bonne foi

Parce que oui, ça fait chier de se tromper. Surtout quand c’est fait de bonne foi. C’est parfois étonnant de voir des personnes, quel que soit leur bord ou leurs croyances, s’entêter sur une voie qui ne les mènera nulle part. Vous voyez, cette personne sur les réseaux sociaux avec qui vous étiez plutôt d’accord au départ et à un moment, elle commence à s’engager dans une voie. Parfois complotiste, parfois intolérante. Et vous la voyez tracer sa route, parler de ça de plus en plus souvent, se vénère toute seule. Ah ça, c’est toujours un truc. C’est un grand classique des réseaux sociaux, cependant, j’en ai déjà parlé sur les masques. Mais vous savez, ce truc de prendre des gens à partie alors que vous êtes tout seuls. “Ah, oui, c’est ça les gros cons, vous ferez moins les malins quand le truc fort improbable dont je parle H24 arrivera”. Alors j’ai toujours l’impression de faire partie de la masse des “gros cons” alors que c’est parfois une personne à qui j’ai jamais parlé. C’est d’ailleurs une personne à qui personne ne parle, qui admoneste, qui se pose en prêcheur du désert… et s’enfonce dans son délire “moi contre le reste du monde”.

Précher dans le désert

Il est dur d'admettre qu'on s'est trompé

Et forcément, quand tu te lances dans un tel sketch, comment tu veux revenir en arrière ? Bon la plupart d’entre nous pourrait, on va pas se mentir. J’ai pas une notoriété de ouf non plus donc si je me vénère sur Twitter en mode “la chloroquine, c’est trop bien” et que je change d’avis, 80% de ma timeline n’y verra que du feu. Le plus simple, c’est de juste plus évoquer le sujet. Et si quelqu’un vient vous chercher au bout de quelques temps, vous tague sur le 48e article qui explique que la chloroquine, c’est pas fait pour soigner le coronavirus… supprimez-le de votre réseau, c’est pas quelqu’un qui vous veut du bien. Mais il n’y a pas qu’envers les autres qu’on s’engage, c’est aussi envers nous. On en parlait l’autre jour avec mon mec. Je ne comprends pas qu’il y ait encore des gens qui envisagent de voter Macron en 2022. En dehors des gens qui y ont un intérêt direct, j’entends. Je parle de simples citoyens qui n’ont aucune ambition politique. La théorie de mon mec : “ils ont voté pour lui dès le premier tour en 2017, ils veulent pas admettre qu’ils ont eu tort”. Ouais ok mais si t’as pas milité, c’est pas grave, si ? Je vous rappelle que j’ai milité un an et quelques pour un mouvement et je ne voterai pas pour lui en 2022. C’est possible. Et même pas douloureux. Je veux dire, c’est toujours un grand oui sur les idées, c’est le mouvement et les intentions des personnes qui le constituent qui me posent problème. 

Militer

On n'est pas expert de tout

On ne va pas se mentir, personne n’aime avoir tort. Moi la première. Seulement, on peut tous avoir tort de bonne foi. Et encore une fois, on peut aussi avoir raison pour de mauvaises raisons. Regardez les fachos qui attendent le prochain attentat, la bave au bord des lèvres, pour éructer qu’ils avaient raison, Grand remplacement, aaaaah ! Pour rester sur l’histoire de la chloroquine et de Raoult, je n’avais entendu parler ni de l’un ni de l’autre. J’avais envie de croire qu’on allait vite se sortir le cul des ronces et ça n’allait pas plus loin. Quand j’ai commencé à me renseigner un peu plus, j’ai compris que c’était pas la peine. Sur d’autres sujets, je me suis trompée par méconnaissance ou malentendu. Mais hé, depuis quand suis-je censée m’y connaître en tout, en fait ? Moi, les seuls médocs que je connais, c’est le doliprane, le bilaska et feu le diantalvic

C'était mon partenaire Migraine

C'est pas que de la bêtise

Bref, petit à petit, je pense que vous me voyez venir. La dichotomie intelligence-bêtise n’a pas de sens en soi car on y retrouve pêle-mêle croyance, sociologie et psychologie. Mais j’ai pas fini mon pia-pia sur le sujet, j’ai encore tant à vous dire. 

 

Bisous !

 

Commenter cet article