Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Quand les actualités deviennent auto-réalisatrices

Publié le 26 Janvier 2023 par Nina in Actualités, Panique médiatique, Polémique

Je déteste l’actualité. Enfin plus précisément l’info en continu. Mais oui, je déteste l’actualité car elle manque de nuance, d’analyse, de recul. Un fait n’est rien sans le contexte qui va avec. J’ai fustigé des années durant les chaînes d’info en continu car je les trouvais gratuitement anxiogènes et qu’elles créent leur propre actualité. Pendant mes vacances de janvier, j’ai pris mes petits-déjeuner à l’hôtel devant BFM tv (l’enfer de la télé dans les salles de petit-déjeuner des hôtels, on en parlera un jour). Un matin, Clémentine Autain est reçue par Appoline de Malherbe. Je n’entends pas vraiment ce qui se dit mais régulièrement, le bandeau d’actualité est modifié pour relayer une des punchlines ou déclaration forte de la dame. L’interview en direct devient instantanément un titre. Mister Jday et Usul s’étaient sacrifiés pour analyser ça. Mais là, parlons panique et polémique.

Le média, c'est la polémique

Les pénuries auto-générées

Panique et polémique, ça ferait un nom rigolo d’émission, tiens. Car l’actualité est un serpent qui se mord la queue, tout simplement. Reparlons PQ. Le papier toilette, pas le parti politique québécois. Souvenez-vous lors du premier confinement avec la disparition du PQ en rayon car les gens se ruaient dessus. Idem sur les pâtes. Je me suis moquée d’eux mais à un moment, j’ai eu peur que cette panique, totalement créée et alimentée par les médias, allaient me pénaliser, moi. Car le PQ n’est pas éternel et je ne les achète pas par pack de 36. Bon après, ça a été. Par contre, je ne trouvais plus de levure. Et oui, pendant le premier confinement, tout le monde s’est mis à faire du pain parce que quelques articles ont commencé à en parler et pof, boule de neige. Alors moi, je ne faisais pas de pain mais des gâteaux. Et je ne comprends pas trop pourquoi c’était la levure classique qui disparaissait puisque pour le pain, il faut de la levure de boulanger. Raison précise pour laquelle je ne fais pas trop de pain, je trouve que ça pue. Hashtag odorat très délicat par ici. Par contre, j’ai failli céder à une panique médiatique : le doliprane. Il m’en reste un peu à la maison mais comme je suis pas mal malade ces derniers temps, je me suis dit “fais des réserves”. Oui sauf que là, par exemple, j’ai juste une sale toux qui traîne. Pas de douleurs, pas de fièvre. Qu’est-ce que j’irais croquer du doliprane du coup ? 

Doliprane

Les préoccupations dictées par les médias

Je parle de produits de consommation, souvent de première nécessité, mais il  n’y a pas que ça. Les préoccupations des gens sont plus ou moins dictées par les médias. Exemple : la Russie attaque l’Ukraine. Ok, une guerre en Europe, aux portes de l’UE, je saisis tout à fait l’angoisse. Poutine fait direct le coq en menaçant tout le monde à tort et à travers dont la Suède et la Finlande, ça stresse. Un terreau fertile ici. Tu rajoutes à ça tous les experts en expertise qui débarquent sur les plateaux télé pour parler du risque nucléaire et là, tout le monde fonce à la pharmacie acheter ses gélules d’iode. Alors que bon, pardon mais si on se prend une bombe nucléaire sur la tronche, selon où vous vous situez par rapport à l’explosion, je suis pas sûre que vous ayez vraiment envie de survivre, hein. Encore une panique sponsorisée par l’actualité. 

Iode

Une pluie de paniques morales

Et c’est la même pour les polémiques. Notamment tout ce qui est panique morale. Parlons un peu des wokes. Les wokes n’existent pas, ok, mais ce sont de très bons épouvantails médiatiques, on le sait. Typiquement l’histoire de la prof de danse de Science Po Paris. Elle médiatise l’affaire en surfant sur la LGBTophobie actuelle en mode “ouin, ouin, on m’a virée parce que j’ai utilisé les mots “homme” et “femme”." Quoi ? Scandale ! Ce wokes dégénérés gna gna gna. Sauf qu’en fait, elle n’a pas été virée. Des étudiants se sont plaints de ses propos racistes et homophobes et lui ont demandé de changer son vocabulaire. Elle a claqué la porte. Et des paniques morales de ce genre, on en a une par semaine, je pense. Genre les étudiants obligés d’écrire leur copie en écriture inclusive sinon ils se prennent un zéro ou je ne sais quoi. Alors déjà, je pense que pas mal de dissertations se passent d’écriture inclusive car tu genres rien du tout. Mais surtout, c’est archi-faux, bien évidemment. Mais si je sais que cette histoire a existé, c’est parce que ça a quand même généré une polémique. 

Ecriture inclusive

C'est la merde avec vos conneries

Et c’est dangereux. D’abord parce que personne n’a envie de se torcher le cul avec un journal. Ensuite parce que ça donne raison à des gens qui créent leur propre vérité et clivent la population. Y a pénurie de doliprane ! Bon, c’est dramatique et inquiétant, surtout en temps de pandémie délibérément ignorée par les pouvoirs publics. Mais est-ce qu’on va pas retrouver dans quelques années des stocks de dolipranes périmés chez des gens qui ont par ailleurs construit une hutte en rouleau de PQ tellement ils savaient plus quoi en faire ? C’est comme la queue aux stations essence à chaque annonce de grève dans les raffinerie ou d’augmentation des prix. Et après les gens sont là “ohlala, j’ai jamais vu ça. On se croirait dans un pays communiste”. Non, c’est le capitalisme chéri·e . Et il a quand même de sacrés pulsions auto-destructrices, quand on y pense.

Queue à la station d'essence

Du bruit inutile

Je déteste l’actualité car elle s’auto-alimente. Elle crée du bruit qui silencient des sujets de fond. Les Français sont appelés à donner leur avis sur tout et n’importe quoi, sur les dernières paniques morales. Mais sur les sujetsde fond, par contre... Je déteste l’actualité car elle doit se renouveler en permanence et se crée des scoops et des urgences en permanence. Je me suis déjà moquée des “urgent- Machin.e est mort” mais avouez que c’est ridicule. La personne ne va pas se transformer en zombie pour nous boulotter le cul, y a pas vraiment d’urgence. Même quand c’est une cheffe d’Etat qui se rapprochait de son centenaire. Il y a des protocoles. L’urgence, ça a été la mort de Yitzhak Rabin. Là oui, c’était un événement triste, violent, une mort inattendue. Oui, il était menacé, faites pas genre que vous saviez tout mieux que tout le monde. Quand sa mort est survenue, même si on pouvait s’attendre à quelque chose de dramatique le concernant, ça restait un choc. Je veux dire, il doit y avoir des projets d’attentats sur Macron, en plus de celui déjà stoppé. Ce n’est pas pour autant qu’on ne serait pas choqués s’il se faisait vraiment descendre. L’urgence, c’est l’invasion des bâtiments officiels au Brésil, par exemple. Pas le fait qu’un joueur de foot ait signé dans un nouveau club. Car quand tout est urgent, rien ne l’est…

Mercato de foot

 

Panique d'actualité

Je suis un peu chonchon de pas avoir réussi à mûrir mon projet de “A la une de ce soir” (encore les étoiles noires…) pour vraiment mettre en scène les paniques que nous crée l’actualité. Ce côté “on va tous mourir” permanent. Et ne croyez pas que je flotte au-dessus de toutes ces paniques, hein. J’ai régulièrement envie de pleurer devant les actualités car on bousille notre planète et on a beau savoir ce qu’on fait, rien ne change. J’ai la sensation qu’on est foutus. Que l’on est sacrifiés sur l’autel des intérêts supérieurs. Comprenez les riches. On ne ralentit pas une économie. Tant pis pour nos morts du Covid, tant pis pour les morts de la pollution parce que tu comprends, en France, on ne fait que du nucléaire. On ne sait plus faire, la production est insuffisante mais surtout pas de mix énergétique, ouhlala. Tant pis pour les pauvres qui souffrent dans des passoires thermiques. Tant pis pour ceux emportés dans des crues, surtout si c’est à des milliers de kilomètres de chez nous. Ah oui, on a débloqué des fonds, c’est sympa. Mais l’actualité, elle n’en a rien eu à foutre du Pakistan ou presque. Que vous soyez puissants ou misérables… et bien, vous ne crèverez pas pareil, manifestement.

Le Pakistan sous les eaux

Je dis ça mais j'arrête pas

Bref, l’actualité, je déteste. Vive les analyses de fond, les prises de recul, les rappels de contexte. Mais bon, je dis ça, je ne suis pas encore capable de ne pas suivre cette maudite actu qui précipite autant les choses qu’elle les narre. 

 

 

Commenter cet article