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Citizen Bartoldi

Blog d'une citoyenne qui rêve d'une société solidaire et égalitaire mais qui voit ce rêve s'éloigner chaque jour un peu plus

Mettez cet incompétent au management, là où il ne nuira pas

Publié le 16 Décembre 2025 par Nina

Quelle blague. Le mois dernier(...), j'ai parlé d’un trait typique de management toxique. Provoquant au passage la fureur des fans d’Astier, réputés pour être des cons finis. Et bien, je valide. Après, paraît qu’on a le public qu'on mérite. Ça, je ne sais pas. Toujours est-il que se montrer méprisant, au mieux, avec quelqu'un qui ne partage pas forcément cod goûts ne va pas le faire changer d'avis.

“Ah, faut être con et inculte pour ne pas aimer cette série.

- Ah mais oui, tu as raison. Voilà, j'ai changé d’avis, merci”.

Breeeeef, on s’en fout d’Astier. Aujourd'hui, on va parler de la pire erreur de calcul des entreprises qui est pourtant quasi toujours répétée : les managers incompétents arrivés là par la magie du principe de Peter.

Principe de Peter et management toxique

On a tous nos incompétences

Admettons que nous ayons tous un niveau d’incompétence. Toi, moi, tous. Je suppose qu'il y a quelque chose de naturel ici. Pas tant une question de capacités intellectuelles qu’une forme de lassitude. Tout change très vite, trop vite diront certains. Et vu que les entreprises considèrent qu'on doit être à 100% de nos capacités au travail, la veille techno, elle se fait le week-end. Et je comprends que le week-end, on n'ait pas envie de consacrer la moindre minute au taf. Moi-même… Bref, ne plus chercher à progresser, je comprends. Surtout dans des boîtes où ça se rétrécit bien quand tu grimpes dans les échelons et que la compétence compte moins que le copinage. 

Grimper l'échelle sociale

Les N-- ne sont que des pièces mécaniques

D’ailleurs, est-ce que les managers incompétents ne sont que la résultante du syndrome de Peter ou la reproduction d’un entre-soi social où l’on s'entoure de ses potes de promo ? Certainement une combinaison des deux. Ce qui me trouble un peu, c’est cette croyance que mettre un incompétent au management ne produit aucun dégât. Une lecture quelque peu bourgeoise du monde du travail où l'exécutant n’est qu'une ligne dans un organigramme, un rouage. Froid, mécanique, fonctionnel. Car le manager incompétent, pour peu qu’il masque son incompétence par de l’agressivité, peut causer des dégâts très importants sur la psyché de l'exécutant. Ça fait six mois que j’essaie de soigner mes traumas, je sais de quoi je parle.

Quand le travail amène chez le psy

Les managers creusent le trou de la sécu

Donc un manager incompétent, déjà, c’est potentiellement un trou dans le budget si précieux de la sécu. Ah ça, pour gueuler sur les salariés qui osent s'arrêter, y a du monde. Mais pour gueuler sur celui ou celle qui a provoqué ça, là, par contre… De mon expérience, les managers toxiques ne dégagent que dans deux situations : quand la situation financière de la boîte est vraiment compliquée et que le copinage n’est plus une raison suffisante pour maintenir le manager en place… ou le fait que ses propres performances sont déplorables. Si Michel le toxique a été renvoyé en Belgique, ce n’est pas parce qu’il a provoqué la démission de la moitié de l’équipe et que j’avais déjà remis mon CV sur le marché au bout de trois mois. C'est surtout qu'il devait relancer l’activité et qu’il avait généré… 20 k€ de nouveau contrat en six mois. 

Petite monnaie sur un petit porte-monnaie

Si un employé veut se barrer au bout de quelques semaines, posez-vous des questions ?

Donc les managers toxiques, ça coûte cher. En soin de santé mais aussi en recrutement. Le turn-over, ça coûte cher. Surtout si le manager toxique fait fuir les nouveaux arrivants. Ce que l’on appelle un recrutement raté. Toujours l'exécutant le souci… Alors qu'un salarié qui fuit un job tout neuf, c’est rarement pour des raisons qui lui sont strictement personnelles. Oui, ça arrive qu’il ait une belle proposition ailleurs et décide de partir en période d’essai. Mais pour ma part, les seules fois où j’ai passé des entretiens en période d’essai, c’était parce que la boîte n’allait pas du tout. En l’espèce, c’était l’époque Michel le Toxique, puis chez Sunlight. Pour Vinyl n°2, je pensais attendre la fin de ma deuxième période d’essai pour repartir à l’attaque, j’avoue. Si le salarié fuit pendant la période d’essai alors qu’il est censé être en pleine Lune de miel, posez vous des questions. Personne ne quitte un boulot en si peu de temps. Surtout quand on cherchait du taf depuis des mois. Ce “recrutement raté”, c’est plutôt une intégration ratée. Et une intégration ratée coûte cher. La faute à qui ? Souvent au manager incompétent.

Faire ses cartons pour quitter l'entreprise

Les managers incompétents nous brisent

Et puis je parle de sous mais ces gens-là ont surtout un coût humain. Surtout humain. Si on rigole du principe de Peter, il offre quand même une vision très matérielle du monde du travail. On a l’impression qu’à un moment, une personne se retrouve à stagner au rayon “montage de Lego”, dans un coin où il ne peut nuire à personne. Mais si le manager n’avait aucun pouvoir de nuisance sur les autres, pardon mais ça se saurait, non ? En France, la promotion s’accompagne forcément de management, on finit par récupérer une équipe. Et les promotions sont basées sur des résultats techniques… ou du copinage, oui. En tout cas pas sur des valeurs humaines. C’est insensé quand on y pense. On offre le management en cadeau bonus à des personnes qui ne sont pas forcément compétentes en la matière. Et ce n'est pas grave en soi de ne pas être bon en management. Chacun ses talents. Le problème, c’est que ce cadeau bonus brise des gens. Le monde du travail m’a brisée au point où je n’ai plus un gramme de confiance en moi. Au moindre trébuchement, je m’agonise d’insultes à base de “je suis nulle, je suis une grosse merde, comment osé-je même demander de l’argent alors que je suis la plus grosse fraude de l’univers ?”. Et quand je dis que je suis brisée, comprenez que je suis loin d'être la seule. Dans ma promo actuelle, sur 20 élèves, on doit être quinze dans le même état. Se reconvertir pour fuir les traumatismes. Et mais en voilà un sujet cool à traiter.

Cercle de paroles salariés au bout du rouleau

J'aimerais tant un manager qui prend en considération les Humains que nous sommes

Donc non, un manager nul, ce n'est pas anodin. Ni pour les personnes qui le subissent ni même pour les finances de la société. Un turn-over élevé coûte cher. Le souci, c’est que souvent, le plus incompétent est au sommet de la pyramide et n’a aucune réflexion long termiste. Il calcule en coût salarial pur sans envisager les coûts liés aux recrutements, démissions, “ruptures conventionnelles”, potentiels arrêts maladie car quand on est débordés parce qu’il manque une ou deux personnes dans l'équipe, à un moment, on ne tient plus. Bref, j'espère tomber un jour sur un manager qui prend en considération les coûts humains de sa boîte et sortira de son excel… qui oublie une bonne partie de l’argent qui s’envole. 

 

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